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03/02/2010

Un mix énergétique farceur?

Le débat énergétique a occupé plusieurs de mes dernières interventions. Pour continuer sur ce thème passionnant voire passionnel, je vous propose l'article de Monsieur Clovis Chollet consacré au mix énergétique et publié dans le journal de la CVCI de janvier.

 

"La presse a déjà longuement parlé de «l’affaire des factures d’électricité». Les fournisseurs d’électricité sont désormais obligés d’indiquer à leurs clients la composition de l’électricité qu’ils leur livrent. D’une part, les clients ont pu s’apercevoir que la majeure partie de leur électricité est «d’origine inconnue», et d’autre part, que l’énergie nucléaire n’est jamais mentionnée sur leur facture.

 

Il n’y a donc pas d’énergie nucléaire distribuée en Suisse ? C’est tout de même bizarre étant donné qu’environ 40 % de l’énergie produite dans notre pays est issue de l’atome. Cela voudrait-il dire que nos voisins européens sont tellement pro-nucléaires qu’ils se précipitent pour acheter nos 40 % d’électricité nucléaire ? C’est encore plus improbable.

 

On peut comprendre que les distributeurs ne considèrent pas opportun de mentionner l’énergie nucléaire dans leur mix pour des raisons promotionnelles. Il est vrai que l’atome n’a pas très bonne presse. Cependant, on se heurte ici à une obligation de pragmatisme. L’énergie entre dans les coûts de production. Si elle est trop chère, certaines activités ne se feront tout simplement plus ici. Et il ne s’agit pas seulement d’industries polluantes. La distribution et l’hôtellerie sont aussi de grands consommateurs d’électricité.

 

Il faut arrêter de faire croire aux gens que le nucléaire n’arrive pas dans leurs prises et que le soleil va combler tous nos besoins, comme le proclame la gauche qui veut passer au tout photovoltaïque.

 

Examinons ce moyen de production. Passons sur les problèmes de stockage les jours sans soleil et concentrons-nous sur les coûts et la production. L’énergie photovoltaïque, c’est 65 à 75 cts/kWh. Le nucléaire, 4 à 8 cts/kWh. Un ménage peut éventuellement se permettre de payer la différence, mais pour une entreprise, cela se chiffre en centaines de milliers de francs.

 

La production d’énergie est, par ailleurs, plus qu’insuffisante pour couvrir les besoins de la population et de l’économie. Un simple exemple, le plus grand parc photovoltaïque de notre pays est le Stade de Suisse, le Wankdorf à Berne, 5'000 m2 de panneaux. Sa production totale couvre tout juste 10 % des besoins du seul stade !

 

Dans cette situation, on ne peut que se rallier à la position du Conseil fédéral. Oui, les renouvelables sont un des quatre piliers de la politique énergétique, tout comme l’efficacité énergétique et l’achat de courant à l’étranger, d’ailleurs. Mais la production des grandes centrales suisses est l’indispensable quatrième pilier."