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09/03/2016

Réforme vaudoise de l'imposition des entreprises: OUI à l'emploi et aux familles

Les opposants à la réforme vaudoise de la fiscalité des entreprises (RIE III-VD) soumise à votation le 20 mars prochain se trompent totalement. Non, l'instauration d'un taux d'imposition unique ne causera pas de problèmes aux finances publiques. Non, le service public ne sera pas revu à la baisse. C'est l'inverse qui est vrai! Sans la RIE III-VD, nous sommes assurés d'aller au-devant de graves et douloureux problèmes.

Quelque 25'000 emplois sont menacés si Vaud n'adapte pas sa fiscalité. Ceux qui mettent en doute ces chiffres jouent avec le feu. Ils jouent avec la situation professionnelle et familiale de milliers de ménages.

D'où vient d'ailleurs ce chiffre de 25'000 emplois? Plus de 9000 d'entre eux sont des emplois directs dans les 220 sociétés aujourd'hui au bénéfice de statuts spéciaux. Des sociétés qui dans leur grande majorité quitteraient le canton si on les soumettait au taux d'imposition ordinaire de 22%, plus de deux fois plus élevé que ce qu'elles paient actuellement.

Les 16'000 autres emplois correspondent aux retombées indirectes et induites: il est incontestable qu'un employé de multinationale consomme des biens et services auprès des entreprises locales (commerces, garage, pressing, coiffeur, restaurant, assurances, etc). Ces entreprises consomment également auprès d'autres entreprises (retombées induites). Il est établi qu'un emploi direct génère 1,8 emploi supplémentaire. C'est un fait!

Pas d'alternative

La suppression des statuts spéciaux est incontournable. Ils disparaîtront vers 2020 au plus tard, car la Suisse a décidé – à juste titre - de s'aligner sur les nouveaux standards internationaux. Il n'y a pas d'alternative à un taux d'imposition unique compétitif (à 13,8%) pour toutes les entreprises dans notre canton.

Les employeurs prouvent qu'ils croient fermement à cette réforme en acceptant de faire passer les allocations familiales – qu'ils financent entièrement - de 230 à 300 francs par enfant. Cela leur coûtera 120 millions de francs par an. Ils doubleront également leur contribution à l'accueil de jour des enfants.

Toutes les familles y gagneront. Les salariés du privé y gagneront en sécurité de l'emploi, tout comme les employés de la fonction publique puisque les finances publiques seront consolidées. Le départ de toutes les sociétés internationales, visiblement souhaité par les opposants, creuserait un trou gigantesque. Sans parler de la facture sociale, et humaine…

La RIE III-VD doit être plébiscité d'un oui clair et net le 20 mars!

01/07/2015

Fiscalité des entreprises: au Grand Conseil de jouer!

Une visibilité bienvenue pour les entreprises! Le projet de réforme vaudoise de la fiscalité des entreprises est désormais ficelé et le Grand Conseil va pouvoir le traiter dès la rentrée. A quelques jours des vacances, c'est évidemment une excellente nouvelle. Chaque camp a dû faire des concessions, en particulier les entreprises. Mais le résultat final permet à ces dernières de savoir où elles vont jusqu'au début de la prochaine décennie. En matière d'impôts, mais également de prélèvements sociaux. Le canton, lui, se donne les moyens de préserver son attractivité et donc sa prospérité.

La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) que je dirige appuie le projet présenté ce jour par le Conseil d'Etat. L'abaissement du taux d'imposition à 13,79% d'ici à 2019 (22,3% actuellement) ainsi que le calendrier précis, jusqu'en 2022, des contreparties sociales que concéderont les entreprises y sont codifiés dans le détail.

Incertitudes

Compte tenu du contexte actuel, caractérisé par l'incertitude causé par le franc fort et la mise en œuvre de l'initiative "contre l'immigration de masse" (sans parler des risques internationaux, comme le problème grec, dont personne n'est aujourd'hui en mesure de prédire l'issue…), cette réforme est indispensable pour maintenir l'attractivité du canton de Vaud.

On a beaucoup parlé de pertes de recettes fiscales avec ce projet. Mais dans la réalité, les sociétés actives à l'international et au bénéfice de statuts spéciaux – qu'elles soient suisses ou étrangères – paieront davantage d'impôts à l'avenir. Car les 13,8% dont elles devront s'acquitter sont supérieurs de 3 à 4 points au moins, par rapport à ce qu'elles paient aujourd'hui. De plus, l'ensemble des entreprises sera impliqué dans cette réforme, via une hausse des cotisations pour les allocations familiales ainsi que pour l'accueil de jour des enfants. Facture totale: près de 120 millions de francs par an. Il n'y a donc aucun cadeau aux entreprises dans ce projet et il est primordial qu'aucune autre hausse des cotisations ne soit introduite d'ici à 2022.

Importance stratégique

A la veille du débat politique, il n'est pas inutile de rappeler que les sociétés à statuts spéciaux sont au nombre d'environ 250 dans le canton. Elles occupent plus de 10'000 collaborateurs pour une masse salariale dépassant 1,1 milliard de francs. En 2009, elles ont payé près de 420 millions de francs d'impôts directs (cantonal, communal et fédéral) et versé 120 millions de francs de contributions sociales. Avec la réforme proposée, leur ardoise fiscale s'accroîtra de l'ordre de 50 millions de francs par an au moins.

Et puis, n'oublions pas cette question: que se passerait-il si nous ne nous dotions pas d'un impôt au taux unique suffisamment bas pour qu'il soit concurrentiel, au niveau suisse, mais aussi international? Nous courrions alors le risque de voir partir ces sociétés. En Suisse centrale, par exemple. Ou en Irlande. Avec ces départs, nous perdrions aussi les emplois, les retombées économiques, et les recettes fiscales. Un fiasco. Avec le projet de réforme présenté aujourd'hui, résultat d'un large compromis, le canton de Vaud est paré pour l'avenir. Bien sûr, le processus législatif ne fait que débuter. Et un référendum reste possible. Mais les Vaudoises et les Vaudois sauront sans aucun doute évaluer l'enjeu, comme tous les partenaires sociaux et le gouvernement l'ont su jusque-là.

10/09/2014

Crèches et économie: pourquoi opposer les deux?

Quand on parle de crèches, "il faut penser aux enfants d'abord, pas aux besoins de l'économie en premier". Ces propos de Martine Kurth, secrétaire générale de l'association romande et tessinoise des institutions d'action sociale, lundi matin sur RTS La Première, sont déconcertants. On ne peut pas dissocier les crèches des besoins des entreprises (et des administrations publiques), c'est un non-sens!

Loin de moi l'idée de faire ici un procès d'intention: je suis 100% d'accord avec elle sur le fait que les crèches sont importantes pour l'intégration des enfants et pour la cohésion sociale. Je partage aussi ses propos selon lesquels on ne peut pas accroître constamment le nombre d'enfants par crèches et/ou par locaux. La qualité de l'accueil des plus petits doit être soignée. Faut-il pour autant tout réglementer jusqu'à la hauteur des WC et au nombre exact maximal de titulaires de CFC (rapporté au personnel ayant suivi une formation tertiaire) dans chaque crèche? Certainement pas et il y a là des réformes à entreprendre dans le monde des crèches, en particulier dans le canton de Vaud. Il n'empêche: je rejoins Martine Kurt, je le répète, sur l'importance de l'aspect qualitatif.

Reste que vouloir écarter d'emblée les préoccupations des entreprises en traitant de la question des crèches de manière totalement découplée du monde réel ne conduirait nulle part. Les structures d'accueil des enfants se sont développées avec l'intégration des femmes dans l'économie. S'il existe quelques parents qui mettent leurs enfants à la crèche dans le seul but de les socialiser, cela reste l'exception. Les familles mettent leurs enfants à la crèche parce qu'elles ne peuvent pas s'en occuper elles-mêmes en raison de leur emploi du temps professionnel. Ce sont des faits banals, me direz-vous, mais il faut visiblement les rappeler. Si nous étions encore dans le modèle économique des années 1950, nous n'aurions pas besoin de développer les crèches.

Avec la décision des Suisses du 9 février dernier de vouloir limiter l'immigration, il n'y a pas de miracles: nous devons recourir davantage à la main-d'œuvre disponible en Suisse. Et là, pas besoin de chercher midi à quatorze heure, il y a un gros potentiel du côté des femmes: elles sont 58% à travailler à temps partiel, contre 14% des hommes. Pourquoi sont-elles si nombreuses dans ce cas-là? L'explication est connue et documentée: en très large partie pour des raisons familiales liées à la garde des enfants. Il s'agit là de la perpétuation du modèle traditionnel bien sûr, mais le renverser (en accroissant le nombre d'hommes à temps partiels qui s'occupent des enfants) ne changera rien au fait que nous devons augmenter le taux d'activité de la population résidente si nous voulons répondre aux besoins des entreprises.

Il faudra donc développer les structures d'accueil. La prolongation pour quatre ans du programme de soutien de la Confédération à hauteur de 120 millions de francs va dans la bonne direction. Mais les entreprises s'engagent aussi. Rappelons qu'elles ont payé, dans le canton de Vaud, plus de 22 millions de francs l'an dernier pour les crèches. Même les entreprises qui ont leur propre structure d'accueil contribuent au pot commun, ce qui n'est pas vraiment incitatif, vous me l'accorderez!

L'économie est disposée à faire un effort supplémentaire. Pourquoi devrait-elle être exclue de la discussion? Plutôt que de fonctionner par chapelles (les besoins des enfants AVANT ceux des employeurs), il faut au contraire intégrer les entrepreneurs à la réflexion et élaborer des solutions gagnant-gagnant. Martine Kurth parlait ainsi lundi de cohésion sociale et de prix à payer pour que les crèches y contribuent. Que penser des tarifs progressifs appliqués aux parents en fonction du revenu? Avec plusieurs enfants, passé un certain seuil de rentrées salariales, une baby-sitter à domicile revient moins chère que la crèche. Au détriment de l'intégration et de la cohésion sociale.