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12/07/2017

L'emploi dépend aussi du Plan directeur cantonal

La législature 2012-17 s'est finalement achevée en point d'orgue au Grand Conseil, avec l'acceptation le 20 juin dernier du nouveau Plan directeur cantonal (PDCn). Un Plan qui doit mettre un terme au moratoire de fait qui sévit sur les zones à bâtir depuis l'acceptation de la loi sur l'aménagement du territoire (LAT) en 2013. Reste maintenant à obtenir la validation de la Confédération. Le Conseil d'Etat l'attend pour le début 2018: espérons que ce délai soit tenu.

La situation actuelle n'a en effet que trop duré. Depuis 2013, il n'est plus possible pour une commune de dézoner une parcelle sans que le même nombre de m2 ait été dézoné ailleurs. Cela bloque la construction de nouveaux logements alors que le canton accueille plus de 10'000 habitants supplémentaires chaque année. Mais cela freine évidemment aussi le développement des entreprises.

Tout le monde a encore en mémoire l'enlisement juridique du projet de la société Hilcona, à Orbe, qui aurait permis de créer pas moins de 450 emplois. Derrière ce cas très médiatisé, bien des PME ont par ailleurs gelé volontairement leurs projets. En mars dernier, une enquête menée par les Chambres de commerce latines montrait ainsi qu'une entreprise vaudoise sur quatre a renoncé à des projets d'expansion, s'attendant à un refus de la part des autorités.

Cette situation est évidemment malheureuse. On a vu récemment que le franc fort et la cherté du site de production helvétique conduisent encore actuellement à des suppressions d'emplois (Bombardier, Thermo Fischer, Sicpa). Et nous nous privons dans le même temps de nouveaux postes, pour des raisons purement administratives. Il faut que cela cesse rapidement.

Il est évidemment nécessaire d'assurer un aménagement du territoire conforme à ce que le peuple a décidé en votation. La densification doit être privilégiée. Mais il faut aussi pouvoir faire preuve de pragmatisme. Chaque mois de retard a des conséquences sur des décisions dans les entreprises. Heureusement, après quatre longues années de moratoire, sur ce front, le bout du tunnel approche…

03/05/2017

Un vent d'optimisme souffle sur les entreprises vaudoises

Les entreprises vaudoises vont mieux. Même l'industrie, qui continue à souffrir du choc du franc fort déclenché en janvier 2015, commence à voir le bout du tunnel puisque l'érosion des ventes et des bénéfices semble désormais terminée. L'enquête conjoncturelle de printemps de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) dresse un tableau prometteur pour l'exercice en cours.

80% des plus de 1000 sociétés qui ont répondu au sondage mené deux fois par an prédisent une stabilisation ou une progression du chiffre d'affaires et de la rentabilité. La situation devrait par ailleurs aussi s'améliorer sur le front de l'emploi, où les embauches sont annoncées en légère hausse, montre l'enquête publiée lundi. Les bonnes nouvelles méritent aussi d'être mises en avant: oui, la conjoncture est actuellement favorable dans l'économie vaudoise!

Cela dit, les années difficiles que nous venons de traverser ont laissé des traces. Et le principal signal d'alarme nous est donné par les investissements: pour la troisième année consécutive, les entreprises ont en effet prévu de les diminuer. Ces décisions, qui peuvent compromettre leur capacité concurrentielle à moyen terme, sont évidemment la conséquence de la diminution des marges, un phénomène avec lequel l'industrie se débat depuis des années.

La bonne tenue de la conjoncture permettra peut-être de renverser cette courbe… c'est en tout cas le vœu que je formule! Car les implantations de nouvelles entreprises ont tendance à s'essouffler, dans notre canton. L'an dernier, une trentaine de sociétés seulement ont choisi notre région pour y développer leurs affaires, selon les chiffres de la Promotion économique publiés la semaine dernière. Le canton de Vaud en attirait le double, chaque année, il y a une décennie.

Moins d'implantations

Plus chère en raison de la force de notre devise, confrontée à des incertitudes nouvelles (fiscalité des entreprises et degré d'ouverture du marché du travail en particulier), la région lémanique – comme le reste de la Suisse d'ailleurs - est manifestement moins attractive pour les sociétés étrangères. Des sociétés qui    permettent pourtant de concrétiser de nouvelles opportunités d'affaires et de diversifier notre économie. Nous en avons besoin.

Mais comme pour la conjoncture, aucune tendance n'est définitive. Ce qui m'amène à lancer un deuxième vœu: que nos autorités, cantonales et fédérales, clarifient rapidement les questions les plus cruciales pour les entreprises. Priorité absolue: la stabilité et la prévisibilité juridique, dans tous les domaines. Ce sont là les piliers de la prospérité suisse. Et contrairement à la conjoncture, nous en sommes les seuls maîtres.

09/11/2016

Conjoncture vaudoise: les entreprises naviguent entre optimisme et incertitudes

L'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis va générer de l'incertitude pour l'économie. Tous les experts s'accordent sur ce point. Gros exportateur et donc très dépendant de la valeur du franc, le canton de Vaud est particulièrement concerné puisque le pays de l'oncle Sam représente notre 3e débouché international. Quel sera l'impact de ce vote surprise sur les entreprises? La relative embellie de ces derniers mois va-t-elle être freinée?

Ce regain d'optimisme, la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) l'a constaté dans le cadre de son enquête conjoncturelle d'automne, publiée la semaine dernière. Près du tiers de nos membres juge actuellement la marche de leurs affaires "bonne à excellente" alors qu'ils ne sont qu'un cinquième à parler d'une situation mauvaise. Un cinquième de trop, bien sûr, mais au printemps dernier, ils étaient 30% à faire état de perspectives négatives pour les six prochains mois.

Le point d'inflexion a donc clairement eu lieu durant le printemps et l'été. Excellente nouvelle… que nous devons malgré tout relativiser. Bon nombre d'entreprises industrielles restent sur le qui-vive: dans ce secteur, 27% des sondés estiment que la marche des affaires à six mois sera mauvaise alors qu'elles ne sont que 21% à l'envisager "bonne à excellente". Le choix des électeurs américains complique la donne. Car le franc risque à nouveau d'être sous pression, alors que son niveau est crucial pour les exportateurs, qui n'ont de loin pas fini de digérer le choc de l'abandon du cours plancher du franc face à l'euro.

Mieux dans les services

Dans les services, en revanche, la situation est clairement meilleure. Un tiers des répondants font état de perspectives bonnes à excellentes alors que 18% seulement s'attendent à une dégradation de la marche des affaires. Les investissements s'inscrivent ici à la hausse, alors qu'ils tendent à stagner dans l'industrie. Ce qui n'est évidemment pas une bonne nouvelle, car ce n'est que par l'innovation que nous resterons compétitifs.

La retenue des industriels s'explique: il est de plus en plus difficile de faire des prévisions au-delà de six mois. L'élection de Donald Trump n'aide en tout cas pas à y voir plus clair! Les attentes à long terme ressortant de notre enquête conjoncturelle sont actuellement négatives, et même plus sombres qu'elles ne l'étaient en 2009, dernière année de récession!

Ce pessimisme découle en large partie une absence de visibilité – des carnets de commandes qui fluctuent à très court terme - et des marges qui se sont fortement contractées. Les prévisions de croissance du Secrétariat d'Etat à l'économie ou de la Banque nationale suisse (+1,5% de croissance cette année et 1,8% l'an prochain) sont quant à elles positives. Rien n'est donc joué aujourd'hui. Mais rien n'est sûr non plus!

Les entreprises continuent à naviguer dans le brouillard, avec quelques éclaircies, trop rares. Après la campagne hargneuse entretenue depuis des mois par les deux camps aux Etats-Unis, on ne peut qu'espérer que la sérénité revienne peu à peu. Quatrième canton exportateur de Suisse, Vaud a tout à y gagner.