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04/11/2015

Bureaucratie: visons les bonnes cibles

Faut-il rendre facultative la participation des PME suisses comptant moins de 50 employés aux récoltes de données statistiques? Ou carrément abandonner toute statistique qui les concerne? Une motion allant dans ce sens a été adoptée en septembre dernier aux Chambres fédérales. L’idée est de lutter contre la bureaucratie, ce qui est incontestablement louable… Mais là, on se trompe de problème.

Plus on dispose d’informations pour prendre ses décisions, meilleures sont nos chances de succès. Il n’est pas raisonnable de croire qu’on puisse aider les PME sans connaître leurs besoins spécifiques, par exemple en matière de ressources humaines. Les données sur les salaires sont des indicateurs permettant aux sociétés de se comparer à la concurrence. Tout comme les chiffres d’affaires du commerce de détail ou les commandes dans l’industrie. Qu’y gagnerait-on à ne plus en disposer?

Selon le dernier recensement des entreprises, 97,6% des entreprises suisses comptent moins de 50 collaborateurs. Ces quelques 305’000 sociétés occupent 47% des collaborateurs que compte la Suisse. Si on éteint la lumière sur cet énorme pan de notre économie, les statistiques ne voudront plus dire grand-chose. On ne se concentrera plus que sur les 6000 entreprises qui ont entre 50 et 250 employés et sur les 1100 qui en ont plus de 250. Mieux vaudrait alors abandonner toute statistique… Mais ce serait une énorme erreur. Aucun chef d’entreprise ne prend de décision commerciale sans étude préalable sérieuse.

Un précédent révélateur

En 2003, l’Office fédéral de la statistique (OFS) avait supprimé les statistiques des nuitées hôtelières. 2004 avait été l’année du «pifomètre» dans la branche… qui s‘était rapidement organisée elle-même pour relancer cette statistique dès 2005. Mieux vaut savoir où l’on va si on veut s’adapter à la clientèle; cette évidence avait alors sauté aux yeux.

Il y a sans aucun doute des améliorations à apporter dans la récolte des données, qui sont parfois pesantes. Une meilleure coordination est aussi indispensable. Mais nous priver d’informations fiables et essentielles sur la quasi- totalité des entreprises nous coûterait bien plus cher que les économies de coûts administratifs que cette mesure est censée nous apporter.

04/02/2015

Ouverture du marché de l’électricité: un coup de pouce aux PME!

Comment passer le cap du franc fort et soulager les PME? Beaucoup de solutions ont été évoquées ces derniers jours: chômage partiel, meilleure gestion des coûts, allongement de la durée du travail (lorsque les commandes sont là)… Mais l’une des solutions pourtant parmi les plus simples n’a pas (ou que peu) été évoquée jusqu’ici, et cela alors qu’elle vient de faire l’objet d’une consultation fédérale: l’ouverture complète du marché de l’électricité.

Ce changement, prévu pour 2018 (seulement… il faudrait anticiper son entrée en vigueur), profiterait immédiatement aux PME. Avec les prix actuels du marché, elles pourraient économiser plusieurs milliers de francs par an en s’approvisionnant sur le marché ouvert. De plus, les prix de l’électricité ne devraient que peu évoluer à moyen terme, car l’offre d’électricité restera excédentaire encore pendant plusieurs années, selon les spécialistes.

Depuis 2009, les entreprises qui achètent plus de 100'000 kWh par an peuvent acheter leur électricité où elles l’entendent. Elles peuvent procéder à des achats groupés, des appels d’offre ou négocier avec leur société électrique locale. A la fin 2013, 27% des sociétés qui ont le droit d’aller au marché l’avaient fait et leurs achats correspondaient à 47% de toute l’électricité qu’achètent les entreprises «grandes consommatrices». Fin 2014, le tiers d’entre elles ont très certainement fait le pas pour plus de 50% de l’électricité. Là, les économies annuelles se chiffrent en dizaines de milliers de francs par entreprise!

Des cas absurdes

Actuellement, les PME qui consomment juste un peu moins que 100 MW n’ont en revanche pas le choix: elles doivent payer le prix fort. Inutile d’argumenter pour constater qu’il y a distorsion de concurrence avec celles qui sont juste au-dessus de cette barre. Il peut y avoir des cas absurdes: par exemple une société qui paierait son courant 20 à 30% plus cher que sa voisine, alors qu’elle ne consommerait que 2000 à 3000 kWh de moins!

Avec le franc fort (qui rend par ailleurs l’électricité moins chère sur le marché européen), aucune économie n’est à négliger… Les PME sont souvent des sous-traitantes d’exportateurs, et souffrent beaucoup lorsque les conditions monétaires deviennent autant défavorables.

Soyons honnêtes: l’ouverture complète du marché de l’électricité n’est bien sûr pas LA solution à elle seule. Mais elle fait partie de toutes ces mesures qui - mises en œuvre parallèlement – aideront nos industries à rester compétitives face aux concurrents internationaux. Espérons que cela incitera les opposants actuels à revoir leur position sur ce dossier.

PME et ménages protégés

Pour ceux qui auraient des craintes, il faut rappeler que l’ouverture du marché telle que la propose le Conseil fédéral offre un double avantage aux PME: elles pourront s’approvisionner hors monopole si elles le souhaitent, mais pourront revenir sur le marché protégé chaque année. Pareil pour les ménages. On peut difficilement faire davantage en matière de protection des consommateurs, que ce soit des entreprises ou des particuliers.

Et puis, finalement, heureusement que l’ouverture du marché de l’électricité n’a pas été intégrée à la transition énergétique de la Confédération (il s’agissait de l’un des arguments des opposants pour la contester). Car la stratégie énergétique 2050 doit s’accompagner de taxes importantes sur l’énergie et donc pénalisantes pour la place industrielle: il faut la geler. La libéralisation, qui peut aller de l’avant, aura en revanche des effets bénéfiques. On ne peut bien sûr pas jurer que ces derniers seront toujours profitables, mais ils le seront en tout cas pendant plusieurs années. Voilà une carte à jouer!

 

12/03/2014

La tour Taoua? Essentielle pour que Lausanne demeure une ville de foires et de congrès

Beaulieu est un pilier du canton de Vaud. Le comptoir suisse, des dizaines de foires spécialisées (habitat et jardin, antiquaires…), des centaines de milliers de visiteurs, les retombées pour Lausanne et le canton sont évaluées entre 410 et 510 millions de francs (étude de l'institut Créa de l'Université de Lausanne). Une réussite. Mais si le centre de congrès et d'exposition veut rester dans la cour des grands, si Lausanne veut rester identifiée à un lieu de foires, il faut que Beaulieu s'en donne les moyens.

Les moyens? La construction d'ubeaulieu, tour, taoua, votation, lausanne, congrès, foires, comptoir, hôteln hôtel sur place est indispensable. Bon nombre de congressistes et d'exposants en font désormais une exigence. Pour mieux réseauter. Par simple commodité. Peu importe de toute manière quelle en sont les raisons: la clientèle exige désormais une infrastructure hôtelière d'envergure sur le site ou à proximité immédiate et les exploitants se doivent d'y répondre. Le client a toujours raison. Et il ne se gênera pas d'aller voir ailleurs si le produit ne lui convient plus.

L'hôtel? C'est justement l'un des éléments majeurs du projet de Tour Taoua, sur laquelle se prononcent les Lausannois le 13 avril prochain. Ce n'est pas le seul… le bâtiment comportera aussi la Haute école de soins infirmiers de la Source, des appartements, des bureaux… elle donnera vie au complexe, notamment grâce aux 250 emplois qu'il abritera. De l'activité en permanence. Quelle meilleure garantie pour que Lausanne renforce sa stature de cité de foires et de congrès!

L'esthétique… la question qui fâche. Trop massive? Manquant d'audace? Carrément laide? Autant d'avis que d'individus! Comme dans chaque projet architectural, chacun souhaiterait y apporter une nuance différente. Et même faire autre chose. Mieux. Ailleurs. Sous-terre. Plus novateur. Au final, il faut pourtant s'arrêter sur un projet. Et l'on sait par expérience que même les bâtiments les plus controversés sont finalement adoptés par les villes et leurs habitants. La tour Bel-Air ne plaisait pas à Ramuz… Qui y voit encore un "ornement assez prétentieux"?

Beaulieu mérite un nouvel élan. Dans l'intérêt de Lausanne. Dans l'intérêt de ses habitants. Dans l'intérêt du canton tout entier. On peut toujours chercher la petite bête, comme le font les opposants, mais il faut reconnaître que le projet actuel est bien ficelé. Qu'il assure l'avenir de Beaulieu. Oui à la tour Taoua!