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17/05/2017

La cybersécurité, revers de la médaille de la digitalisation

150 pays touchés, au moins 200'000 victimes, des entreprises à l'arrêt, la cyberattaque de vendredi dernier a causé des dégâts se chiffrant en centaines de millions, peut-être en milliards de francs. Le phénomène du piratage informatique n'est pas nouveau, mais un événement de cette ampleur démontre que la digitalisation de l'économie doit absolument figurer au rang des priorités de toutes les entreprises. Les questions de sécurité informatique s'affichent tout en haut de la liste.

L'enquête sur la transition numérique des entreprises vaudoises menée l'automne dernier par la CVCI, avec l'institut MIS Trend, montre qu'un nombre encore important de sociétés n'ont pas pris pleinement conscience des enjeux. Une majorité des entreprises interrogées déclarait en effet être mal informée sur le tournant numérique. 40% affirmaient ne pas consacrer de temps, ou peu de temps, à se documenter sur la digitalisation en général.

Le nombre d'objets connectés et de données à stocker et traiter connaît, et va pourtant continuer à connaître une évolution exponentielle. Car tout ce qui peut être connecté le sera un jour et tout ce qui peut être mis en réseau le sera également. Que l'on apprécie ou non cette nouvelle réalité prédite par les spécialistes du numérique, il n'y a qu'une option possible: nous adapter.

La Suisse a heureusement été largement épargnée lors de l'attaque par logiciel d'extorsion  de vendredi dernier. Mais rien ne nous protège contre des menaces futures, car le monde digital ne connaît pas de frontières.

Que faire? Il incombe en premier lieu à chaque entreprise de procéder aux mises à jour des logiciels. André Kudelski le disait lundi matin sur la RTS: des attaques beaucoup plus dangereuses sont possibles, contre les infrastructures énergétiques par exemple. Avec des conséquences majeures sur la production, la santé ou les communications. Nous devons en prendre conscience et préparer des stratégies. 

04/06/2014

Les bons choix de l'école vaudoise

Le canton de Vaud a décidé de supprimer les cours d'informatique en 7e et 8e HarmoS pour les remplacer par de l'anglais. Bonne ou mauvaise nouvelle? Il n'est bien sûr jamais réjouissant de devoir renoncer à une formation, mais il faut bien admettre que l'école, surtout le niveau primaire, ne peut pas tout traiter. Elle doit donc faire des choix et celui-ci va dans le bon sens.

Les entreprises réclament depuis des années un renforcement des connaissances de base des élèves, en français, mathématiques, allemand ou anglais. Elles constatent en effet que le niveau de maîtrise de ces disciplines, tout particulièrement l'orthographe, tend à baisser chez les apprentis qui débutent leur formation. Se recentrer sur l'essentiel est donc une nécessité.

La maîtrise du numérique peut s'acquérir au travers de l'enseignement d'autres branches, comme le prévoit le canton de Vaud. De toute manière, la grande majorité des enfants "naissent" avec l'informatique. Les écrans tactiles fascinent déjà les plus petits. La maîtrise des outils semble se faire aussi naturellement que l'apprentissage de la langue maternelle… Les enfants "n'apprennent" plus à les utiliser, ils grandissent avec eux!

L'important aujourd'hui, c'est de rendre les élèves attentifs aux dangers du numérique. Et ces dangers sont multiples. Il y a les addictions, bien sûr, mais sans aller jusqu'à ces cas extrêmes, il y a toutes les dérives possibles (harcèlement, diffamation, diffusion d'images scabreuses "volées" ou obtenues sous pression, tout cela sur les réseaux sociaux en particulier). Cela peut briser des personnes. Jusqu'où`aller dans l'étalage de sa vie privée? La désinformation est monnaie courante sur le web, comment la repérer? Voilà quelques-uns des vrais enjeux du digital, que les jeunes ne vont pas forcément découvrir eux-mêmes.

Cela dit, il est vrai que tous les élèves ne baignent pas forcément dans le même environnement ultra-numérisé dès la plus tendre enfance. Et l'école doit veiller à ce que ceux dont les parents n'ont pas les moyens de s'acheter un smartphone ou la dernière tablette chaque année, ne soient pas distanciés rapidement. Malgré la suppression des cours d'informatique, il y a sûrement des moyens d'y parvenir. Par exemple en mettant en place un système de parrains/marraines où les geeks en herbe s'occuperaient d'accompagner les moins férus d'informatique. Cela marche dans d'autres domaines, pourquoi pas en informatique?

15/05/2013

La préférence nationale à l'embauche? Inutile de la promulguer, elle va de soi!

Des mesures inutiles ne seront d'aucune aide dans le débat sur la libre circulation des personnes. Ainsi en est-il de l'idée, évoquée vendredi dernier sur RTS La Première, d'instaurer une "préférence nationale" à l'embauche dans toutes les entreprises du pays. Les inspirateurs de cette mesure l'imaginent informelle, sous la forme d'un encouragement émanant des organisations économiques, de manière à éviter une vaine querelle avec Bruxelles. 

A priori, cela semble une excellente idée. Que pourrait-il y avoir de plus logique que, à compétences égales, les entreprises engagent des employés suisses plutôt que des ressortissants de l'UE? Et bien rien, c'est parfaitement logique! C'est d'ailleurs pour cela que les entreprises engagent déjà systématiquement en priorité des employés suisses ou déjà domiciliés dans la région. 

Cela va même plus loin: les employeurs rêvent de pouvoir trouver toute la main-d'œuvre tout près de chez elles. Ce n'est pas une partie de plaisir que d'entamer des démarches de recrutement à l'étranger. Les entreprises se passeraient volontiers de devoir faire face à une gestion des salaires plus compliquée pour les employés européens que pour les employés suisses: les détenteurs de permis B qui gagnent moins de 120'000 francs par an sont imposés à la source. Mais la réalité est ce qu'elle est: le manque de personnel, qualifié et non qualifié, frappe de nombreuses professions! Du secteur de la santé à la construction, en passant par la restauration, le transport ou l'informatique. 

Notre pays, et notre canton en particulier, crée depuis une décennie plus de postes de travail que ce que le marché du travail peut fournir. Cette vigueur économique, cet îlot de prospérité dans une Europe en crise avec ses 26 millions de chômeurs, est une chance extraordinaire. Bon nombre d'entreprises n'ont souvent pas d'autre choix que de recruter des Européens. Vouloir les en empêcher (ou les entraver) ne conduira qu'à obliger celles qui le peuvent à aller produire là où la main-d'œuvre est disponible. Et les emplois des Suisses disparaîtront du même coup. 

L'idée de "préférence nationale" n'est qu'un slogan. Laissons-le pour ce qu'il est. Une personne qui n'a pas mal à la tête ne se sentira pas mieux si elle prend une aspirine. C'est la même chose avec la préférence nationale: la promulguer dans les entreprises ne changera rien puisqu'elle est de facto déjà pratiquée.

Les mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes passent avant tout par la facilitation de la construction de logements (plutôt que de nouvelles contraintes faites aux propriétaires et promoteurs) ainsi que des investissements ciblés dans les infrastructures routières et ferroviaires. Lancer un appel inutile aux entreprises ne ferait qu'ajouter de la confusion dans le débat. Il signifierait que les employeurs privilégient actuellement les employés de l'UE alors que rien n'est plus faux!