UA-111926984-1 UA-101278801-1

23/05/2017

La fiscalité des entreprises, priorité du nouveau Conseil d'Etat

Le canton de Vaud a choisi la voie de la continuité. Le choix opéré dimanche par les citoyennes et les citoyens est un message clair en faveur d'une gestion pragmatique des dossiers, le Conseil d'Etat de gauche devant s'entendre avec un Grand Conseil de droite. Comme entre 2012 et cette année. La campagne électorale terminée, il faut maintenant rapidement établir les priorités de la législature. Pour l'économie, la première d'entre elles est évidente: il s'agit de la mise en œuvre, au niveau cantonal, de la troisième réforme de l'imposition des entreprises.

Cette RIE III-VD a été plébiscitée en mars 2016, puis confirmée en février dernier lors d'un scrutin fédéral. Avec un message aussi clair, le Conseil d'Etat peut aller de l'avant rapidement. A côté de la mission confiée par les citoyens, il peut d'ailleurs s'appuyer sur des finances publiques cantonales parmi les plus saines de Suisse. La preuve en chiffres: le canton dégage depuis une décennie des excédents avant amortissements extraordinaires se situant entre 500 millions et 1 milliard de franc par an.

Tous les partis, tous les milieux s'accordent à dire que la Suisse doit clarifier au plus vite la situation fiscale des entreprises. Car rappelons-le, notre pays a pris l'engagement international d'abandonner les statuts spéciaux à l'horizon 2020. Pour les entreprises au bénéfice de ces régimes qui permettent des taux d'imposition plus bas pour les revenus  réalisés à l'étranger, l'incertitude dure maintenant depuis dix ans au moins. Trop longtemps!

Préserver la prospérité

La fiscalité n'est certes pas le seul motif d'implantation dans notre région mis en avant par les entreprises, mais on constate que les sociétés internationales amenées par la Promotion économique vaudoise sont deux fois moins nombreuses aujourd'hui qu'il y a dix ans. L'essoufflement de cette dynamique est dangereux, car nous avons besoin d'un renouvellement permanent du tissu d'entreprises. Ce n'est qu'ainsi que nous préserverons l'emploi et notre prospérité.

La RIE III-VD est prête. En plus d'une fiscalité moderne et équitable envers toutes les sociétés, elle comprend un volet social important pour les familles, avec une hausse des allocations familiales et une amélioration des structures d'accueil des enfants. Elle peut surtout être mise en place sans délais, sans attendre un nouveau paquet fédéral. Notre canton peut garder une longueur d'avance, en ne faisant que des gagnants.

04/04/2012

Une politique industrielle crédible? Oui, au plus vite!

"La place industrielle suisse est sous la menace de délocalisations vers l’étranger qui signifient la perte d’un savoir-faire construit patiemment pendant des décennies." La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) peut sans réserve se rallier à cette affirmation… proclamée samedi par les socialistes suisses réunis pour une assemblée des délégués. Le parti de Christian Levrat appelle le Conseil fédéral à "enfin admettre la nécessité de mettre sur pied une politique industrielle crédible".

Au lendemain de la confirmation par le peuple vaudois d'une majorité de gauche au Conseil d'Etat cantonal, nous espérons que la nouvelle équipe rose-verte mettra en œuvre à l'échelon local ce que ses responsables nationaux appellent de leurs vœux pour la Confédération. Une politique industrielle cohérente est indispensable, c'est vrai. Il en va de nos emplois, de notre place économique, de notre dynamisme et de notre prospérité.

Reste à se mettre d'accord sur ce qui doit être élaboré. Concernant la force du franc, la Banque nationale suisse (BNS) fait son travail pour empêcher que notre devise ne devienne trop forte. La tâche est délicate, laissons-là travailler en toute indépendance.

Côté politique, la cohérence consiste à compléter l'action de la BNS dans son effort de soulagement du monde de l'entreprise. Pour y parvenir, la plus élémentaire logique nous conduit à constater qu'il faut en premier lieu éviter de prélever de nouvelles charges sociales auprès des entreprises. Et donc éviter – contrairement à ce qu'a promis la gauche vaudoise durant la campagne – d'augmenter les allocations familiales, une assurance sociale intégralement financées par les employeurs. Il faut également abaisser la charge fiscale des entreprises, le canton de Vaud étant l'un de ceux qui imposent le plus lourdement les bénéfices. Toutes ces actions seraient une vraie politique industrielle de la part de la majorité rose-verte.

On attend également de notre gouvernement cantonal qu'il aille de l'avant avec les investissements dans les infrastructures routières et ferroviaires. On observera enfin avec attention sa volonté d'agir au niveau de la formation, en créant davantage de liens entre le monde professionnel et l'école.

Les mots, les slogans, les recettes à l'emporte-pièce ne suffisent pas. Une politique industrielle crédible signifie faciliter le travail des entrepreneurs, les inciter à embaucher, à innover, et non pas créer des entraves à la libre entreprise… La gauche tient désormais les manettes pour cinq ans, au gouvernement vaudois. On jugera rapidement sur pièce de ses réelles intentions de mettre en place la politique qu'elle annonce dans ses déclarations.