05/11/2009

La bonne idée de Moritz

 "Quand le travail coûte plus cher qu'il ne rapporte" est le titre d'un rapport édité par les bureaux de l'égalité. Ce rapport montre que la progressivité de l'impôt et le coût de la garde des enfants décourage l'obtention d'un deuxième revenu.

Monsieur le Conseiller fédéral Moritz Leuenberger vient d'ajouter une pierre à cet édifice de découragement financier lors de la présentation de  son rapport sur les infrastructures.

 

Pour assurer l'entretien de ces dernières, il souhaite instaurer une taxe sur la mobilité, joliment nommée « mobility pricing ». Concrètement, il s’agit de taxer les automobilistes et les usagers des transports publics qui empruntent les tronçons les plus fréquentés et/ou aux heures de pointe. Cette taxe sur la mobilité part de l’idée que l’on peut changer ses horaires de travail pour éviter de payer des taxes et finalement désengorger nos agglomérations. Mais le ministre semble oublier que, même s'ils ont l'horaire libre, les travailleurs ont aussi des obligations  privées: aller chercher les enfants à l’école, à la crèche, faire les courses dans des horaires que les socialistes ne veulent pas modifier ou encore assumer des engagements associatifs.

 

Pour accomplir toutes ces activités, il ne reste pas d'autre alternative que de se déplacer aux heures de pointe. On ne s’engage pas dans le bouchon de Morges ou on ne reste pas debout dans le train de gaieté de cœur ! Taxer les pendulaires, c'est aussi et surtout taxer les familles dont les deux parents travaillent. C'est une vraie mesure antisociale.