06/05/2015

Un congé obligatoire pour les pères? Les raisons de dire non

Le congé paternité généralisé est-il une bonne solution? Oui, à en croire le conseiller national Martin Candinas, à l'origine d'une initiative parlementaire sur ce sujet.  Une idée de prime abord si sympathique semble difficilement contestable… Mais c'est oublier un peu vite que ce congé existe déjà dans de très nombreuses entreprises. Tant mieux. La spécificité, actuellement, c'est que le congé se met en place sur le terrain, dans la mesure des possibilités de chacun.

Le congé paternité obligatoire de deux semaines tel que défendu par Martin Candinas n'est pas une réponse adéquate aux difficultés d'organisation auxquelles font face les nouveaux parents. Même si elle part d'un bon sentiment, cette initiative n'est rien d'autre qu'une solution à court terme. Elle ne prend pas en compte les problèmes qui se posent sur la durée dans l'éducation d'un enfant. Et qui vont bien plus loin que sa naissance. C'est là-dessus que devrait porter la réflexion.

Les entreprises ne sont pas anti-familles, au contraire. Elles aménagent, à chaque fois qu'elles le peuvent, des politiques familiales extrêmement arrangeantes. Les relations avec le père doivent être prises en compte dans l'éducation de l'enfant, il n'y a pas de doute là-dessus. Mais il faut travailler sur la flexibilité dans les horaires de travail, des horaires scolaires harmonisés, des temps de vacances compatibles avec les temps de vacances scolaires, l'amélioration du système de garde. Travailler sur le long terme est la meilleure solution. La proposition de Martin Candinas aurait le tort de geler ces efforts, car les entreprises ne peuvent en définitive pas tout payer.

Un congé de 10 jours pour se donner bonne conscience n'apporterait pas grand chose. Et ce serait dommage. Dans le contexte de l'après-9 février 2014, il convient de trouver des solutions pour intégrer davantage de résidents suisses, hommes, femmes, seniors, personnes handicapées. Se focaliser sur un seul élément, supposé - de manière finalement illusoire - soulager les mères de nouveau-nés, est un combat qui est déjà dépassé. Notre système de partenariat social nous permet de faire beaucoup mieux que de simplement promulguer des obligations!