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12/04/2017

La Suisse peut façonner la banque du futur

Quelle sera la banque de demain? La manière de consommer a évolué très rapidement dans le domaine du commerce de détail, des médias ou encore du tourisme, grâce au numérique. Et cela continue. Peu concerné jusqu'ici, le monde de la finance sera l'un des prochains à devoir s'adapter à des changements importants: financement participatif, plateformes de prêts entre particuliers, monnaies virtuelles, nouveaux modes de paiements… En tant que place financière majeure, la Suisse se doit d'être à la pointe dans ces secteurs.

Le nombre de jeunes sociétés actives sur les nouveaux créneaux financiers augmente rapidement. On comptait 174 start-up "fintech" en décembre dernier en Suisse, et déjà 198 en avril 2017, selon le dernier pointage "Swiss FinTech Start-up Map" de Swisscom. Ces entreprises n'étaient que… 24 en 2010.

Il y a toutefois un problème: notre législation actuelle est beaucoup trop rigide. Les exigences qu'elle pose en matière de capitaux propres et d'audits financiers constituent des obstacles pratiquement infranchissables lorsque les start-up veulent se développer. Deux options s'offrent à nous: ou bien nous ne changeons rien et courons le risque de rater complètement le virage, ou bien nous créons un nouvel environnement réglementaire taillé sur mesure pour les fintech.

Bonne nouvelle: une modification de la législation bancaire allant dans ce sens est actuellement soumise à consultation. Le projet est original. Et apparemment unique au monde, pour l'instant. Plutôt que de réglementer dans le détail des nouvelles pratiques dont on ne sait d'ailleurs pas comment elles vont se développer, la Confédération fixerait des conditions générales. Il est notamment prévu de créer une licence bancaire moins stricte, destinée aux sociétés qui opèrent avant tout comme plateforme.

Le secteur financier (banques et assurances) représente plus de 210'000 emplois en Suisse. Il pèse encore pour 9,4% dans le PIB du pays (et environ autant dans le canton de Vaud), selon les derniers chiffres du Département fédéral des finances, malgré de profonds bouleversements intervenus ces dernières années suite à la suppression du secret bancaire fiscal vis-à-vis de l'étranger. L'ensemble de la branche a su trouver les ressources pour passer le cap, et continue de le faire. Il s'agit aujourd'hui de lui permettre de ne pas manquer le virage digital. La Suisse a potentiellement les compétences pour se profiler en leader dans ce domaine aussi!

14/10/2015

Le chocolat au lait vaut bien une nouvelle formule fédérale

L'industrie alimentaire suisse est soumise à rude concurrence, au point qu'il faille parfois prévoir des aides pour assurer le "swiss made". C’est le cas en particulier du chocolat, qui dispose d'une loi sur mesure datant des années 1970. Elle autorise la Confédération à accorder des subsides à l'exportation afin de compenser le fait que le prix du lait payé par les fabricants suisses est au moins deux fois plus élevé que dans les pays voisins. Problème: l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ne veut plus de cette exception à l'interdiction des aides directes.

Une conférence ministérielle de cette institution devrait formaliser cette décision dès décembre prochain, à Nairobi, indiquait «24 Heures» samedi. La Suisse devra alors proposer des solutions. Il y aura sans doute un délai, une phase transitoire… mais il faudra agir.

Les intérêts des agriculteurs et des industriels se recoupent. Il s’agira de trouver la formule qui permette à l'industrie chocolatière de continuer à valoriser les produits agricoles suisses, et tout particulièrement le lait. Pour cette année, les aides se montent à 90 millions de francs et compensent la grande majorité du surcoût des produits suisses. Sans ces compensations, la plus grande partie du chocolat que nous exportons, tout suisse qu'il est, serait trop chère pour concurrencer les produits fabriqués sur place. Nos fabricants devraient acheter du lait étranger… ce qui ferait perdre le label suisse à leur produit. Quel serait alors l’intérêt de le produire ici, avec des salaires et des charges plus élevées qu’à l’étranger?

Une industrie très orientée à l'exportation

Avec l’horlogerie, le chocolat constitue l’un des principaux constituants de l’ADN suisse. Chaque habitant a beau en avaler 11,7 kilos par an, faisant de nous les plus grands consommateurs au monde derrière l’Allemagne, cette industrie n’est pas si grande: elle compte 18 entreprises pour un peu plus de 4500 employés et 1,7 milliard de francs de chiffre d’affaires. Elle est en outre extrêmement tributaire des marchés étrangers puisque l’an dernier, 63% de sa production (en tonnes) a été exportée. Et derrière les fabriques, il y a les fournisseurs, en particulier les paysans. Des centaines d’exploitation agricoles sont concernées.

Tous les pays subventionnent leur agriculture, la Suisse n'a pas à rester en arrière, sur ce dossier. L’OMC interdit les aides à l’exportation, pas les paiements directs. La nouvelle recette fédérale devra s’inscrire dans cette logique.

08/05/2013

L'Etat de Vaud n'est pas une banque!

Le canton doit-il se donner une nouvelle mission consistant à garantir des fonds de roulement aux entreprises qui ont des problèmes de liquidités? Cette idée lancée dans "24 Heures" de lundi est tout simplement saugrenue. Il existe des acteurs privés pour garantir des fonds de roulement aux sociétés: ce sont les banques. Pourquoi diable l'Etat devrait-il se substituer à elles? Le financement des entreprises est - et doit rester - une activité privée.

Que diraient les agriculteurs si l'Etat se mettait à fournir les commerces en viande, fruits et légumes, qui plus est à des prix plus avantageux que ceux pratiqués par les paysans eux-mêmes? Les entreprises de la contruction trouveraient-elles admissible que le canton crée sa propre société pour construire routes, hôpitaux et logements? Tout le monde dénoncerait avec vigueur – et à juste titre – une concurrence déloyale! Il faut être clair: une aide publique directe aux entreprises sous forme d'avances de paiement reviendrait exactement au même pour les instituts financiers. Qu'en penseraient par ailleurs les entreprises qui ne bénéficieraient pas des largesses publiques? Qui devrait avoir droit à l'aide publique et qui devrait en être exclu? N'oublions tout de même pas que le canton compte plus de 30'000 entreprises!

L'administration n'a pas le savoir-faire requis, pourtant indispensable, pour mener au quotidien une activité de crédit. L'octroi de fonds de roulement ne s'improvise pas. Il présuppose une analyse approfondie des entreprises demandeuses de ce type d'avances. Encore une fois, il s'agit là d'un métier à part entière, qui comporte de surcroît une certaine part de risque (de non remboursement) que le contribuable n'a pas à assumer. Vaud recense 30 enseignes bancaires différentes (pour plus de 180 comptoirs) dont un tiers au moins propose des crédits aux entreprises. L'offre est abondante.

Loin de moi l'idée de minimiser les problèmes de trésorerie que causent les clients qui tardent à payer leurs factures. Le dernier baromètre des préoccupations des entreprises réalisé par la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI)  montre ainsi que 16% des sociétés vaudoises disent s'inquiéter de leurs niveaux de liquidités (dans le détail: 18% des entreprises de moins de 30 collaborateurs et 6% de celles qui en comptent plus de 100).

Il y a donc une difficulté bien réelle à laquelle, à vrai dire, les pouvoirs publics peuvent bel et bien apporter une réponse: en payant plus rapidement leurs factures! Une autre enquête réalisée par la CVCI montrait en 2009 que les collectivités étaient moins bonnes payeuses que le secteur privé! 43% des factures adressées aux premières étaient réglées après un délai de plus de 50 jours (et même 54% des factures dans l'industrie). Pour le privé, ce taux de retard n'était que de 35%. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures: la solution est toute simple, et peu coûteuse!