01/02/2012

Un paradis, la Suisse ? Pas en matière fiscale!

La Suisse n'est pas le paradis fiscal que l'on dit! L'affaire Mitt Romney nous l'a très opportunément rappelé la semaine dernière. Avec une fortune évaluée à 250 millions de dollars, des revenus annuels de l'ordre de 21 millions de dollars tant en 2010 qu'en 2011, le candidat républicain à la candidature présidentielle américaine n'a été imposé qu'à un taux de 13,9% en 2010 et 15,4% en 2011. Le simple salarié américain peut en revanche être ponctionné jusqu'à 35%. Inutile de décrire les grincements de dents dans un pays qui fait de la justice fiscale un feuilleton permanent…

En Suisse, on le sait peu, mais une personne disposant de la fortune de Mitt Romney serait imposée bien plus lourdement. Sur Vaud, le fisc pourrait lui prélever jusqu'à concurrence de 60% des revenus déclarés. Et d'autres cantons ne mettent même pas de plafond, selon l'évolution des marchés et du portefeuille du contribuable, la taxation des grosses fortunes peut alors manger la totalité de l'argent gagné!

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) elle-même estime que la Suisse devrait envisager une réforme pour moins imposer le revenu et remplacer ces recettes fiscales perdues par une hausse de la TVA. Une telle politique serait indéniablement favorable à la croissance! Vaste débat…

Si les individus paient pas mal d'impôts, les entreprises s'en sortent mieux, direz-vous. Et bien là encore, à y regarder de près, la Suisse n'est pas ce jardin d'Eden si souvent diabolisé par nos concurrents. Selon une récente étude menée par le cabinet PricewaterhouseCoopers, notre pays occupe en réalité le 43e rang sur 180 pays passés en revue. Nos entreprises y sont par exemple davantage taxées qu'au Canada ou qu'en Irlande.

Tout bien calculé, la Suisse n'est donc pas un Sonderfall fiscal. Ouverte sur le monde - nous n'avons pas le choix dès lors que nous gagnons un franc sur deux à l'étranger- elle doit par conséquent constamment veiller à rester compétitive. Comment? En préservant des conditions de travail flexibles – l'atout majeur du pays – et en maintenant sous surveillance le poids de l'Etat et des assurances sociales!