19/01/2012

Novartis ou la preuve par l'acte du partenariat social

L'heureuse issue trouvée chez Novartis à Prangins est une preuve de l'efficacité du partenariat social dans notre canton. Lorsque tout le monde – employés et syndicats, employeur, autorités politiques - se met autour de la table avec la ferme volonté d'aboutir à une solution acceptable par tous, ça marche. Et même mieux que ce que l'on pouvait attendre.

Le site de production et ses 320 emplois ont pu être préservés. Novartis disposera d'un outil de production plus efficace. La région y gagnera des logements. Il faut franchement vouloir à tout prix chercher l'erreur pour se plaindre d'une telle issue. Cheville ouvrière de ce compromis, le conseiller d'Etat Philippe Leuba l'a souligné: "il n'y a au final que des gagnants". Qui aurait prédit cela en novembre dernier?

Les concessions consenties de parts et d'autres en valaient la peine. Elles n'ont pu être possibles que grâce à la flexibilité dont disposent tous les partenaires en présence: flexibilité fiscale pour l'Etat, flexibilité en matière de conditions de travail pour les collaborateurs, flexibilité en termes d'aménagement du territoire pour Prangins, flexibilité stratégique et financière pour Novartis.

Cette souplesse, cette faculté d'adaptation rapide et déterminée, est la marque de fabrique du partenariat social suisse. En gros, c'est l'antithèse de ce que propose l'initiative de la centrale syndicale Travailsuisse réclamant six semaines de vacances pour tous, sur laquelle nous voterons le 11 mars prochain.

Une telle disposition, qui plus est inscrite dans la Constitution, limiterait la marge de manœuvre dont disposent employés et employeurs. Rappelons que dans le cas Novartis, la moitié des collaborateurs, qui étaient au bénéfice de la semaine de 37,5 heures, ont accepté de porter leur horaire à 40 heures. L'acceptation des 6 semaines de vacances effacerait une partie de cette concession. Le compromis négocié pour le site de Prangins tiendrait-il toujours la route?

Un oui à l'initiative sur les six semaines de vacances coûterait cher aux entreprises: 6 milliards de francs en plus au total par an. Il poserait de gros problèmes d'organisation aux petites PME disposant de peu de salariés (beaucoup n'ont même pas 5 semaines de vacances actuellement!). Les employés eux-mêmes ne seraient pas gagnants puisque les équipes devraient faire le même travail en moins de temps. La réalité du terrain montre que l'initiative tient davantage du slogan du 1er mai que d'une revendication sincère, tout particulièrement dans l'incertitude conjoncturelle actuelle!