08/05/2013

L'Etat de Vaud n'est pas une banque!

Le canton doit-il se donner une nouvelle mission consistant à garantir des fonds de roulement aux entreprises qui ont des problèmes de liquidités? Cette idée lancée dans "24 Heures" de lundi est tout simplement saugrenue. Il existe des acteurs privés pour garantir des fonds de roulement aux sociétés: ce sont les banques. Pourquoi diable l'Etat devrait-il se substituer à elles? Le financement des entreprises est - et doit rester - une activité privée.

Que diraient les agriculteurs si l'Etat se mettait à fournir les commerces en viande, fruits et légumes, qui plus est à des prix plus avantageux que ceux pratiqués par les paysans eux-mêmes? Les entreprises de la contruction trouveraient-elles admissible que le canton crée sa propre société pour construire routes, hôpitaux et logements? Tout le monde dénoncerait avec vigueur – et à juste titre – une concurrence déloyale! Il faut être clair: une aide publique directe aux entreprises sous forme d'avances de paiement reviendrait exactement au même pour les instituts financiers. Qu'en penseraient par ailleurs les entreprises qui ne bénéficieraient pas des largesses publiques? Qui devrait avoir droit à l'aide publique et qui devrait en être exclu? N'oublions tout de même pas que le canton compte plus de 30'000 entreprises!

L'administration n'a pas le savoir-faire requis, pourtant indispensable, pour mener au quotidien une activité de crédit. L'octroi de fonds de roulement ne s'improvise pas. Il présuppose une analyse approfondie des entreprises demandeuses de ce type d'avances. Encore une fois, il s'agit là d'un métier à part entière, qui comporte de surcroît une certaine part de risque (de non remboursement) que le contribuable n'a pas à assumer. Vaud recense 30 enseignes bancaires différentes (pour plus de 180 comptoirs) dont un tiers au moins propose des crédits aux entreprises. L'offre est abondante.

Loin de moi l'idée de minimiser les problèmes de trésorerie que causent les clients qui tardent à payer leurs factures. Le dernier baromètre des préoccupations des entreprises réalisé par la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI)  montre ainsi que 16% des sociétés vaudoises disent s'inquiéter de leurs niveaux de liquidités (dans le détail: 18% des entreprises de moins de 30 collaborateurs et 6% de celles qui en comptent plus de 100).

Il y a donc une difficulté bien réelle à laquelle, à vrai dire, les pouvoirs publics peuvent bel et bien apporter une réponse: en payant plus rapidement leurs factures! Une autre enquête réalisée par la CVCI montrait en 2009 que les collectivités étaient moins bonnes payeuses que le secteur privé! 43% des factures adressées aux premières étaient réglées après un délai de plus de 50 jours (et même 54% des factures dans l'industrie). Pour le privé, ce taux de retard n'était que de 35%. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures: la solution est toute simple, et peu coûteuse!

20/06/2012

Développement économique: le psychodrame vaudois doit prendre fin

 

Le dénigrement gratuit a assez duré. Il est grand temps que la promotion économique cantonale recommence à travailler sereinement. Le Grand Conseil a débattu hier du rapport des commissions de gestion et des finances sur la politique menée par le canton de Vaud en matière d'exonérations fiscales. Principale leçon: la loi a été respectée en tous points. Il n'y a jamais eu de cadeaux, contrairement à ce qui été insinué tout au long de l'hiver. Les entreprises qui ont bénéficié d'allègements fiscaux –quatre sur cinq sont des sociétés suisses - ont créé des emplois et investi dans la région.

Le principal reproche adressé au Conseil d'Etat porte sur la communication et des questions de procédures. Cela peut et doit être corrigé, c'est évident. Mais sur le fond, tout le monde devrait avoir l'élégance d'admettre que la promotion économique vaudoise est un succès. C'est malheureusement bien loin d'être le cas!

Je l'expliquais déjà en février dernier dans mon blog, mais une nouvelle étude publiée la semaine dernière par la société Boston Consulting montre à quel point la présence de sociétés étrangères et de grandes multinationales est bénéfique pour notre canton. Entre 2000 et 2010, ce ne sont pas moins de 24'000 emplois que les grands groupes internationaux – suisses ou étrangers – ont créé en terres vaudoises. Et ce chiffre ne recense que les emplois directs: toute l'économie en profite, des commerçants aux entreprises de constructions.

Toujours au cours des dix dernières années, la part des multinationales dans le PIB vaudois est passée de 33 à 41%. Cette évolution est incontestablement le fruit d'une promotion économique efficace. Un travail de fond grâce auquel le canton a pu diversifier son économie – il en avait grand besoin -, rattraper son retard en termes de croissance, et surtout assainir ses finances.

Reprocher aujourd'hui à notre promotion économique sa réussite a quelque chose d'indécent. Oui, indécent, lorsqu'on met en relation ces critiques avec le chômage qui frappe un jeune sur deux en Espagne ou en Grèce. Ou irresponsable: comment qualifier autrement ces attaques répétées, alors que bon nombre de nos proches voisins et partenaires n'ont pour futur proche que des promesses d'austérité?

 

15/02/2012

Promotion économique: une pluie de critiques infondée

Quel est le tort du canton de Vaud en matière d'exonérations fiscales pour les entreprises? A entendre, la semaine dernière, les interminables jérémiades des adversaires de la promotion économique, nous aurions fait tout faux. Nous aurions eu tort d'accorder des facilités pour attirer des groupes étrangers, comme le permettait l'arrêté Bonny. Nous aurions d'ailleurs aussi eu tort de sauver les 320 emplois du site Novartis à Prangins…

Il y en a marre de la Schadenfreude! Vaud a agi dans le cadre légal offert à tous les cantons suisses. La Confédération, via le Département fédéral de l'économie, a été associée à toutes les décisions d'implantation d'entreprises étrangères. Ce n'est tout de même pas parce que les résultats de la promotion économique vaudoise sont meilleurs qu'ailleurs qu'il y a forcément inéquité ou dumping…

On peut lire et relire le rapport du Contrôle fédéral des finances qui analyse l'application de l'arrêté Bonny dans quatre cantons (VD, FR, NE et SO), Vaud ne s'est pas comporté en profiteur. Il a su tirer son épingle du jeu, comme Neuchâtel et Fribourg d'ailleurs. Tant mieux pour eux, tant mieux pour nous! Les entreprises qui s'installent investissent dans notre région. Si elles sont exonérées de l'impôt sur les bénéfices, leurs employés en paient sur leurs salaires. Ils consomment ici. L'impact est bénéfique.

Est-il encore nécessaire d'argumenter pour bien souligner d'où l'on vient. Si le bassin lémanique est aujourd'hui souvent décrit comme un eldorado en surchauffe, la situation était bien différente il y a quelques années seulement. Ce n'est qu'en 2005 que le canton a pu s'extirper des chiffres rouges, après pas moins de 16 ans de déficits publics consécutifs. Pratiquement une génération! Ces déficits avaient propulsé la dette à pas loin de 9 milliards de francs.

En six ans, ce fardeau, qui faisait de notre canton le plus endetté de Suisse derrière Genève, a ensuite pu être divisé par plus de quatre. Parallèlement, Vaud est parvenu à diversifier son économie. A accroître ses exportations. A afficher une croissance économique supérieure à la moyenne suisse (alors qu'il était constamment au-dessous dans les années 1990).

Au moment où bon nombre de pays européens, nos clients, sont en récession, le canton aborde la situation dans une forme économique et financière qu'il n'avait plus connu depuis des décennies. Alors que l'austérité est de mise dans la plupart des Etats voisins – et d'ailleurs également certains cantons suisses - Vaud peut même se permettre de planifier sereinement  les indispensables investissements visant à développer ses infrastructures de transport. Ce sont les fruits d'une politique clairvoyante.

Vous n'avez pas entendu cela ces derniers jours? Moi non plus. A force de ne chercher que les petits détails qui ne marchent pas bien, on oublie l'excellent bilan global. On oublie que la région est plus attrayante que jamais, pas seulement pour les sociétés internationales, mais également pour les entreprises locales, les jeunes à la recherche d'un emploi, les sous-traitants, les créateurs d'entreprises. Cette vision blasée du monde est regrettable!