05/10/2011

Allocations familiales: un coup électoraliste irresponsable

Reprendre d'une main ce que l'on donne de l'autre! Est-ce vraiment le bon moment de s'adonner aux petits jeux de la politique pré-électorale cantonale alors que l'économie locale se débat tant bien que mal pour faire face au choc du franc fort et de la baisse de la demande internationale?

 

Le parti socialiste vaudois n'a pas ces états d'âme. A peine son initiative "pour un rabais d'impôt qui protège les assurés plutôt que les actionnaires" invalidée par le Grand Conseil pour violation du principe d'unité de la matière, le voici déjà en campagne pour proposer d'augmenter les allocations familiales de 200 à 300 francs pour les enfants de moins de 16 ans. Coût de l'opération: 200 millions de francs. Pris  dans la poche des entreprises, qui contribuent seules, rappelons-le, au financement de cette prestation sociale.

 

Indolore pour le salarié, politiquement facile, électoralement populaire. Adjugé? Rappelons quelques chiffres pour bien cadrer l'ampleur de l'effort demandé: 200 millions de francs, c'est environ un quart du plan d'aide (nationale!) à l'économie suisse, acceptée récemment par le parlement fédéral. Sur Vaud, 200 millions correspondent à pas bien loin de la moitié de ce que le gouvernement a récemment mis sur la table pour soutenir les entreprises.

 

Un pas en avant avec le soutien, un pas en arrière avec des ponctions… Une telle logique est destructrice d'emplois, contre-productive, néfaste. C'est exactement ce qu'il ne faut pas faire alors que tous les indicateurs conjoncturels sont désormais négatifs.

 

Il est temps que tous les partis prennent la mesure des risques qui pèsent sur la Suisse: elle n'échappera pas aux conséquences de la crise qui frappe l'Europe. Les chiffres rouges menacent bon nombre d'entreprises: aujourd'hui les exportateurs, demain les sous-traitants, après-demain les commerces, peut-être. Vouloir étendre le filet social alors que la conjoncture se détériore relève de l'aventurisme. Consolider l'acquis impliquera des efforts déjà suffisamment pénibles. Plutôt que de s'écharper, il faudra serrer les rangs, sans dogmatisme!