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01/03/2017

Assurance invalidité: il faut se concentrer sur les jeunes

L'assurance invalidité mérite une réforme efficace. Nous n'y sommes pas: le projet présenté il y a deux semaines par le Conseil fédéral ne permettra pas d'assainir la dette, qui dépasse encore les 11 milliards de francs, malgré une hausse temporaire de la TVA qui était pourtant censée régler le problème. Sans mesures ciblées immédiates, nous ne faisons que repousser le problème, qui deviendra toujours plus difficile à régler. Faute d'entretien, les mécaniques cassent!

Il y a différents moyens d'agir, mais il me paraît essentiel de nous concentrer sur les plus jeunes. Environ 3000 personnes âgées de moins de 30 ans sont en effet chaque année mises au bénéfice d'une rente AI. Et dans deux cas sur trois, des raisons psychiques sont invoquées.

Il est bien sûr difficile de porter une appréciation de manière générale. Mais il semble évident que l'AI doit en premier lieu garantir le meilleur niveau de vie possible aux personnes souffrant de handicaps graves, qui les empêchent totalement ou partiellement de s'insérer sur le marché du travail. Les problèmes psychologiques sont par nature plus difficiles à appréhender, et certains peuvent bien sûr être invalidant.

Mais l'inflation du nombre de ces cas montre qu'il y a dérive: notre système n'incite pas assez les jeunes souffrant de troubles psychiques à se réinsérer dans la vie active. Octroyer des rentes trop tôt revient à les mettre sur la touche. Un évolution financièrement coûteuse, mais aussi, et c'est encore plus important, humainement douloureuse.

Limiter les aides dans le temps

Plutôt que d'accorder des rentes, dans ces cas-là, l'AI devrait se concentrer sur des aides limitées dans le temps, par exemple des indemnités journalières. Les jeunes concernés doivent être accompagnés dans leur réinsertion, comme le prévoit avec raison le projet du Conseil fédéral, mais avec une perspective claire et sans équivoque de "sortie" de l'AI.

L'AI a besoin d'une approche pragmatique, comme notre système de retraite qui est d'ailleurs lui aussi déstabilisé. Ces assurances sociales sont des piliers de la société suisse. Le parlement a maintenant la mission d'apporter des solutions durables en améliorant le projet de révision qui lui est soumis.

14/09/2016

AVSplus, NON à une initiative du passé!

L'initiative AVSplus mettrait à mal la solidarité entre les générations. Les ménages les plus fragilisés économiquement aujourd'hui sont souvent des familles monoparentales ou avec plusieurs enfants. Donc les salariés, selon l'Office fédéral de la statistique… Et ce sont ces salariés qui devraient financer, selon le texte soumis à votation le 25 septembre, la hausse de 10% octroyée à tous les rentiers. C'est donc un non-sens de leur demander de passer à la caisse.

AVSplus n'est pas ciblée. Censément venir en aide à une minorité de retraités, le texte sort l'arrosoir: à chacun la même augmentation. Peu importe le niveau de revenu réel. Je le disais dans un récent blog, il y aurait en outre aussi des conséquences indésirables pour des milliers de retraités bénéficiaires de prestations complémentaires (PC). Ces personnes se retrouveraient plus pauvres qu'avant, perdant le droit à des aides pour l'assurance-maladie et au financement des soins.

Les initiants prétendent aider en particulier les femmes, qui ont très souvent moins cotisé que les hommes durant leur vie active. Mais AVSplus pèsera sur les femmes et les couples actifs d'aujourd'hui, qui auraient au contraire besoin de soutien, notamment en matière de structure d'accueil des enfants. C'est là qu'il faut agir et non accorder des hausses tous azimuts qui coûteront 4 milliards de francs par an, une somme qui sera ponctionnée en partie sur les salaires. Avec son gaspillage à grande échelle, l'initiative ne met pas l'accent sur les bonnes priorités et c'est en cela qu'elle est une initiative du passé.

Ne pas jouer les jeunes contre les seniors

Ce n'est pas en jouant une génération contre une autre que l'on apporte des solutions durables à l'AVS. L'effort doit être équilibré alors que cette initiative se contente de faire supporter un lourd fardeau supplémentaire aux jeunes et aux entreprises d'aujourd'hui.

Notre système de prévoyance basé sur trois piliers a fait ses preuves. Beaucoup de pays le considèrent comme un modèle. En mettant l'accent sur la seule AVS, la gauche affaiblirait ce système, qui repose en partie sur l'épargne personnelle. Une épargne personnelle qui sera plus difficile à constituer si l'on augmente les prélèvements pour le 1er pilier.

Déjà déficitaire actuellement, la prévoyance a besoin d'une consolidation (qui elle-même implique déjà un financement supplémentaire). Or ce projet va exactement dans le sens contraire, détricotant le délicat équilibre en AVS, 2e pilier et épargne personnelle. Pour maintenir un système de retraite juste et équitablement solidaire, un NON s'impose le 25 septembre

17/08/2016

L'initiative AVSplus à contre-courant des réalités

Notre système de retraite a besoin d'être consolidé. Aujourd'hui déjà, l'AVS puise dans ses réserves pour payer les rentes. La situation n'est pas meilleure pour la prévoyance professionnelle, les actifs finançant en partie les retraités, alors que le système est en principe basé sur la capitalisation. C'est au niveau de ces deux piliers qu'il faut agir, afin de rééquilibrer les comptes… L'initiative AVSplus, soumise à votation le 25 septembre prochain, propose tout le contraire: augmenter les dépenses!

La population suisse vieillit. En moyenne, le temps passé à la retraite s'étend d'année en année grâce à l'allongement de l'espérance de vie. Le nombre de cotisants à l'AVS finançant un rentier régresse constamment: on comptait 6,5 actifs pour un retraité en 1948, mais plus que 3,5 en 2010. Selon les projections, les "payeurs" ne seront plus que 2,3 dans une quinzaine d'années. Berne a calculé que si nous ne procédons pas à une réforme rapide, l'AVS sera confrontée à un déficit annuel de l'ordre de 8 milliards de francs à l'horizon 2030. Ce n'est pas tenable.

En demandant une hausse de 10% des rentes AVS de tous les retraités, l'initiative AVSplus de l'Union syndicale suisse (USS) ne tient absolument pas compte de ces perspectives. Elle n'apporte pas davantage de réponse au défi – à l'heureux défi – posé par une population qui vit toujours plus longtemps. Cette problématique nous force aujourd'hui déjà à trouver de nouvelles ressources financières (et donc probablement une hausse des prélèvements salariaux et/ou de la TVA) et à procéder à de nouveaux aménagements de notre système fondé sur trois piliers.

S'accorder une augmentation d'une telle ampleur dans un tel contexte ne serait pas responsable. Ce serait d'autant moins sensé que la mesure n'aiderait même pas les retraités qui en ont le plus besoin, soit ceux qui disposent des plus petites rentes. De nombreux bénéficiaires de prestations complémentaires (PC) perdraient en effet leur droit à ces aides, subissant  au passage une augmentation d'impôts, les PC n'y étant pas soumises alors que les rentes AVS le sont…

Cette initiative est contre-productive. Elle ne ferait qu'accentuer les déséquilibres actuels. NON à AVSplus le 25 septembre!