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12/03/2014

La tour Taoua? Essentielle pour que Lausanne demeure une ville de foires et de congrès

Beaulieu est un pilier du canton de Vaud. Le comptoir suisse, des dizaines de foires spécialisées (habitat et jardin, antiquaires…), des centaines de milliers de visiteurs, les retombées pour Lausanne et le canton sont évaluées entre 410 et 510 millions de francs (étude de l'institut Créa de l'Université de Lausanne). Une réussite. Mais si le centre de congrès et d'exposition veut rester dans la cour des grands, si Lausanne veut rester identifiée à un lieu de foires, il faut que Beaulieu s'en donne les moyens.

Les moyens? La construction d'ubeaulieu, tour, taoua, votation, lausanne, congrès, foires, comptoir, hôteln hôtel sur place est indispensable. Bon nombre de congressistes et d'exposants en font désormais une exigence. Pour mieux réseauter. Par simple commodité. Peu importe de toute manière quelle en sont les raisons: la clientèle exige désormais une infrastructure hôtelière d'envergure sur le site ou à proximité immédiate et les exploitants se doivent d'y répondre. Le client a toujours raison. Et il ne se gênera pas d'aller voir ailleurs si le produit ne lui convient plus.

L'hôtel? C'est justement l'un des éléments majeurs du projet de Tour Taoua, sur laquelle se prononcent les Lausannois le 13 avril prochain. Ce n'est pas le seul… le bâtiment comportera aussi la Haute école de soins infirmiers de la Source, des appartements, des bureaux… elle donnera vie au complexe, notamment grâce aux 250 emplois qu'il abritera. De l'activité en permanence. Quelle meilleure garantie pour que Lausanne renforce sa stature de cité de foires et de congrès!

L'esthétique… la question qui fâche. Trop massive? Manquant d'audace? Carrément laide? Autant d'avis que d'individus! Comme dans chaque projet architectural, chacun souhaiterait y apporter une nuance différente. Et même faire autre chose. Mieux. Ailleurs. Sous-terre. Plus novateur. Au final, il faut pourtant s'arrêter sur un projet. Et l'on sait par expérience que même les bâtiments les plus controversés sont finalement adoptés par les villes et leurs habitants. La tour Bel-Air ne plaisait pas à Ramuz… Qui y voit encore un "ornement assez prétentieux"?

Beaulieu mérite un nouvel élan. Dans l'intérêt de Lausanne. Dans l'intérêt de ses habitants. Dans l'intérêt du canton tout entier. On peut toujours chercher la petite bête, comme le font les opposants, mais il faut reconnaître que le projet actuel est bien ficelé. Qu'il assure l'avenir de Beaulieu. Oui à la tour Taoua!

26/06/2013

Remplir sa déclaration d'impôt est un acte de civisme

L'impôt à la source pour tout le monde serait-il vraiment une conquête pour les citoyens suisses? (Re)lancée la semaine dernière par la socialiste Sandrine Salerno, maire de Genève, cette idée a tout du miroir aux alouettes. On promet au contribuable un système plus simple. Plus rien à faire, "pas de déclaration d'impôts, vous touchez un salaire net, et fini les mauvaises surprises". Ce serait donc comme l'invention de la roue, il suffisait d'y penser. Chacun sait pourtant que le paradis terrestre n'existe pas…

Premier problème, l'impôt à la source transformerait l'entreprise en agent de l'Etat, en percepteur. Ce n'est pas son rôle, tout le monde en conviendra. L'argument selon lequel les entreprises perçoivent déjà l'AVS, les cotisations du deuxième pilier et autres ne tient pas, car il s'agit là de pourcentages fixes destinés à des systèmes d'assurances. L'impôt, lui, n'est pas si simple à déterminer. Il varie en fonction de l'état civil du contribuable, du salaire du conjoint, du nombre d'enfants, des frais de déplacements, du statut de propriétaire de son logement (un tiers des contribuables), des versements volontaires à un 3e pilier, etc.

Pour prélever le bon montant d'impôt, les entreprises (même les plus petites, qui n'ont pas de service RH) devraient connaître tous ces détails, comme le fisc aujourd'hui. Bonjour la protection de la sphère privée!

C'est là le deuxième problème: l'employé serait passé au peigne fin par son employeur sur l'état de sa situation financière. S'il dispose d'une fortune, par exemple d'un immeuble de rendement ou d'un portefeuille de titres (même de quelques milliers de francs), ces revenus annexes devraient être communiqués à son patron. Dans le cas contraire, le prélèvement de l'impôt à la source serait insuffisant.

Mais l'inquisition ne s'arrêterait pas là. Le contribuable devrait révéler à son patron quelles sont les conséquences sur sa situation financière de chaque changement dans sa vie: acquisition d'un appartement (valeur locative, dette hypothécaire contractée), revente, mariage, divorce, séparation… Dans la pratique, il ne s'agirait par exemple plus de dire "je me suis marié", comme aujourd'hui, il faudrait divulguer, certificat à l'appui, le salaire de votre conjoint et les revenus de sa fortune! Impossible, sinon, de procéder au bon prélèvement à la source: l'imposition se fait sur les revenus de l'ensemble du ménage.

Il ne s'agit pas là d'élucubrations. Si l'on veut abandonner la déclaration d'impôt, il faut aller jusque-là. Sans cela, la plupart des contribuables seraient tout de même contraints de remplir une déclaration fiscale en plus du prélèvement à la source. Je le rappelle, l'idée de base était pourtant de simplifier… Pour l'Etat, sans aucun doute! Le nombre de contentieux diminuerait. Mais qu'y gagnerait donc le contribuable?

Plus fondamentalement, la corvée annuelle de la déclaration d'impôt est un acte de civisme. Elle fait prendre conscience à chacun d'entre nous – que l'on soit citoyen suisse ou titulaire d'un permis C, rentier ou indépendant, salarié ou indépendant - ce que représente le fonctionnement de l'Etat. Il nous montre, à notre échelle, ce que coûte l'Etat. Un prélèvement automatique sur le salaire nous ferait perdre ce rapport aux collectivités publiques. La notion de "dépenses" deviendrait abstraite. Avec des risques de dérapages évidents.

L'impôt à la source généralisé? Un piège. Pour tout le monde.