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13/09/2017

Prévoyance 2020: une réforme indispensable

L'AVS et le 2e pilier ont besoin d'être adaptés aux nouvelles réalités. Et cela rapidement. Les nouvelles réalités? L'allongement de l'espérance de vie - plus de 80 ans aujourd'hui pour les hommes et les femmes - ainsi que des rendements financiers faibles, en raison des taux d'intérêt très bas. La réforme Prévoyance 2020 soumise à votation le 24 septembre prochain permet de faire un premier pas en avant dans l'assainissement de notre système de retraite. Un OUI est nécessaire!

Avec cette réforme, nous procéderons à des adaptations logiques et de toute manière inévitable. Ainsi en est-il de l'âge de la retraite à 65 ans pour tous et du taux de conversion du capital vieillesse du 2e pilier ramené à 6%, contre 6,8% aujourd'hui. Actuellement, chaque actif paie, sur l'ensemble de sa carrière, des dizaines de milliers de francs pour financer les rentes des retraités, qui bénéficient d'un taux de conversion déconnecté des réalités. Une solution aberrante puisque le 2e pilier n'a pas pour vocation de redistribuer. Chacun ne doit en principe recevoir que ce qu'il a cotisé, gains financiers compris. Prévoyance 2020 corrige ce problème et c'est essentiel.

La réforme a bien sûr aussi un défaut, comme le mettent en avant ses opposants. L'augmentation de 70 francs par mois des rentes AVS des futurs retraités posera en effet de de nouveaux problèmes de financement à moyen terme. Il s'agira alors de remettre l'ouvrage sur le métier…

La réforme rétablit l'équilibre

Mais ce seul élément négatif ne doit pas occulter le fait que Prévoyance 2020 rétablit immédiatement l'équilibre de l'ensemble du système. Pour les actifs, et les jeunes en particulier, cette situation ne peut que constituer une excellente nouvelle. Quant aux rentiers actuels, rien ne change pour eux: ils continueront en particulier à bénéficier d'un taux de conversion LPP plus favorable que les futurs retraités, dont les rentes seront maintenues grâce, notamment, à des cotisations accrues.

On en vient à la question du coût pour la population, qui passe par une hausse de la TVA ainsi qu'une augmentation des cotisations salariales. Mais cette dernière reste limitée. Et il faut garder à l'esprit que sans ces nouveaux prélèvements, les rentes devraient être diminuées… Et cela le Parlement ne l'a clairement pas voulu.

Je l'ai dit, Prévoyance 2020 n'évitera pas d'autres révisions de l'AVS dans quelques années déjà. Mais les percées en matière d'adaptation au vieillissement de la population permettent de pérenniser notre système de retraite. Toutes ces avancées contrebalancent nettement le problème de la hausse de 70 francs des rentes AVS des futurs retraités. Mais surtout, et c'est là l'essentiel, la réforme constitue une solution économiquement indispensable.

30/08/2017

Bonne nouvelle pour le franc, mais gardons la tête froide

L'été a réservé une bonne surprise à l'industrie, aux hôteliers et au commerce de détail: le franc s'est affaibli face à l'euro. Il a perdu entre 4 et 6% par rapport à ce qu'il valait au printemps. Pour tous les exportateurs et les commerçants touchés par le tourisme d'achat, il s'agit d'une bouffée d'oxygène bienvenue car nos produits et nos services sont moins chers pour les clients étrangers. Mais il faut garder à l'esprit que rien n'est acquis et que le franc reste largement surévalué.

Dans un tel contexte, il est totalement prématuré de réclamer un retour aux taux d'intérêts positifs de la part de la Banque nationale suisse (BNS), comme on a pu l'entendre au début août. Cette mesure est certes douloureuse, en particulier pour les caisses de pension, mais elle a permis de limiter la casse dans l'ensemble de l'économie exposée à la concurrence internationale, après l'abandon du taux plancher. Il faut laisser la BNS agir de manière indépendante, c'est l'une des forces de notre pays.

La preuve de la précarité du récent affaiblissement de la monnaie helvétique n'a d'ailleurs pas tardé à se manifester. Les tensions entre les Etats-Unis et la Corée du Nord ont rapidement fait passer l'euro de 1,15 à 1,13 franc. Nous ne sommes pas à l'abri d'autres mauvaises surprises sur le front géopolitique… inutile d'ajouter nous-mêmes des incertitudes avec des revendications lancées à la hâte.

La Suisse a une économie ouverte

La politique monétaire pose problème dans l'ensemble des pays industrialisés depuis la crise financière de 2008-09, la Suisse ne peut pas agir seule sur ce terrain. D'autant moins que son économie repose pour moitié sur le commerce international!

De plus, l'industrie reste sous pression. Même à 1,13-1,15 franc pour un euro, on reste plus de 20% au-dessus des niveaux de 2010. Le choc n'a pas encore été totalement digéré – loin de là – puisque les marges de l'industrie n'ont pas retrouvé leurs niveaux d'avant-crise. Trimestre après trimestre, des investissements pourtant indispensables continuent à être gelés, comme le montrent les enquêtes conjoncturelles de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI).

Si l'on ajoute à ce problème le défi de la transition numérique, nous ne pouvons que souhaiter la plus grande stabilité monétaire ces prochains mois et ces prochaines années. L'indépendance de la BNS ne doit pas servir de terrain de jeu politique.

16/08/2017

D'où vient la vraie propagande?

Affirmer que la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'Union européenne a forgé la prospérité de la Suisse serait de la "propagande", affirme l'UDC. Pour elle, il n'y aurait que des désavantages: "le chômage a atteint un taux record" et la croissance "est quasiment égale à zéro depuis 2009", affirmait fin juillet l'un de ses vice-présidents. Le problème est que ces deux affirmations sont totalement erronées: les chiffres le démontrent.

Avec un taux de chômage de 3% en juin, nous affichons l'un des taux de chômage parmi les plus bas d'Europe. 3% seraient-ils un record pour la Suisse? Il est au plus bas depuis août 2015… et ce taux atteignait 5,2% en 1997 (un taux plus jamais atteint depuis lors), alors que la Suisse contrôlait son immigration via des contingents. Nous ne comptons que 133'000 chômeurs actuellement pour une population totale de 8,4 millions d'habitants alors que la Suisse devait faire face à plus de 200'000 chômeurs il y a 20 ans pour une population de 7,1 millions d'habitants. La Suisse comptait moins de 4 millions d'emplois dans les années 1990, elle en compte plus de 5 millions aujourd'hui.

La croissance tend-elle vers zéro depuis 2009? 2009 a bel et bien été une année de récession en Suisse, comme partout dans le monde, avec une baisse du PIB de 1,9%. Mais la croissance est ensuite immédiatement revenue avec une progression de 2,7% en 2010, puis de 1,9% en 2011. Même en 2015, lorsque le franc s'est renchéri d'un seul coup de près de 20% par rapport à l'euro (un phénomène qui n'a rien à voir avec la libre circulation des personnes), la Suisse est parvenue à afficher une croissance de 0,9%.

Ces chiffres sont consultables par tout un chacun sur le site de l'office fédéral de la statistique (OFS)… comment peut-on parler de croissance proche de zéro? Cela alors que la Suisse avait pu retrouver le niveau d'avant-crise en 2011 déjà. Et alors que des pays comme l'Espagne sortent tout juste aujourd'hui de ce terrible retour en arrière. Et que d'autres, comme l'Italie, ne se sont pas encore rétablis.  

La Suisse romande comme exemple de réussite

Non, la libre circulation n'a pas nui à notre à notre prospérité, elle l'a stimulée. L'UDC affirme que le chômage plus élevé en Suisse romande que dans le reste du pays s'expliquerait par l'ouverture de notre marché du travail. Mais ce taux était déjà plus élevé (7,8% à Genève en 1997, 7,2% dans le canton de Vaud) lorsque l'immigration était contingentée! La libre circulation n'y a rien changé. De plus, Vaud et Genève comptabilisent différemment leurs chômeurs que les cantons alémaniques, intégrant les personnes arrivées en fin de droit, ce qui accroît artificiellement le taux.

Encore plus notable: le bassin lémanique affiche une croissance supérieure à la moyenne suisse depuis une dizaine d'année.  Il y a davantage de places d'apprentissage à pourvoir que de candidats. Vaud a pu assainir ses finances publiques en une dizaine d'années, en large partie grâce au dynamisme économique de la région. La libre circulation n'a pas causé de tort à la Suisse: elle lui a permis de renouveler son tissu économique après les graves difficultés rencontrées dans les années 1990. Notre région est devenue un pôle international pour les start-up, qui toutes mettent en avant l'aspect positif de la diversité de la main-d'œuvre.

Notre canton et la Suisse romande prouvent que la libre circulation déploie des effets positifs. Il suffit d'observer les chiffres sur la durée!