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22/01/2014

L'initiative anti-immigration ne changerait rien à la pénurie de logement!

L'initiative anti-immigration de l'UDC n'apporte aucune solution aux problèmes de la pénurie de logement dans l'Arc lémanique, ni aux bouchons et aux trains bondés. Pourquoi? Parce que le retour aux contingents ne freinerait pas du tout l'afflux de travailleurs étrangers, comme le montre l'évolution démographique dans les années 80 et 90. Il ne ferait que réintroduire une énorme bureaucratie. Et parce qu'immigration ou non, davantage de logements et une adaptation des infrastructures de transport sont indispensables!

Commençons par le logement: en 1980, Suissesses et Suisses se contentaient de 34 m² par personne. Vingt ans plus tard, il leur en fallait 44 m² chacun! Et la tendance continue sur cette lancée, car l'augmentation du nombre de ménages de petite taille ne cesse de croître. La part des ménages d'une ou deux personnes est ainsi passée de 64% en 1990 à 67,6% en 2000. Il y avait environ un divorce pour trois mariages dans les années 1970, on en est à un divorce pour deux mariages actuellement. Il faut bien loger chacun des conjoints séparés, avec chacun une ou deux chambres pour la garde partagée des enfants. Le dirigisme étatique, les contingents et le repli sur soi ne peuvent rien là contre.

Fermer les frontières aux collaborateurs étrangers dont nos entreprises, nos hôpitaux ou homes médicalisés ont besoin – j'ai remarqué que même les partisans de l'initiative sont d'accord là-dessus - ne changera rien à la nécessité de construire, de densifier. Pour ce faire, l'initiative n'est d'aucun secours. Notez que ce n'est ni l'argent ni les investisseurs qui manquent. Le problème numéro un vient de la lenteur des procédures; il faut des années avant de pouvoir donner le premier coup de pioche au moindre chantier. Il faut accélérer le mouvement, simplifier le cheminement administratif!

Les routes et les trains? Les initiants ne cessent de se plaindre des bouchons et trains surchargés, mais l'UDC est le seul parti qui s'oppose au projet de fonds ferroviaire (FAIF), qui permettra pourtant d'accroître les capacités ferroviaires d'ici à quelques années. Incompréhensible! Les problèmes sont déjà évidents aujourd'hui. Comment peut-on prétendre que la réintroduction des contingents apportera un quelconque soulagement au RER archi-plein aux heures de pointe entre Lausanne et Vevey ou au bouchon autoroutier matinal de la Blécherette? Sans extension des réseaux, les problèmes demeurent. La réalité, c'est que la venue de travailleurs étrangers nous permet de financer plus facilement ces investissements.

La Suisse comptait 6 millions d'habitants en 1970. Il y avait 200 voitures pour 1000 habitants à cette époque. Il y a aujourd'hui 8 millions d'habitants et  535 voitures par 1000 habitants. Le réseau autoroutier est pourtant pratiquement le même qu'il y a 40 ans! Et cela alors que beaucoup de gens travaillent toujours plus loin de leur domicile, que l'offre de loisir incite à nous déplacer toujours davantage. Que changerait l'initiative anti-immigration par rapport à ces phénomènes? Il faut adapter nos routes et nos trains à la Suisse d'aujourd'hui. Se lamenter en cherchant des bouc-émissaires ne résoudra rien. NON à l'initiative "contre l'immigration de masse"!