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10/05/2017

Oui à la Stratégie énergétique 2050

Etatiste la Stratégie énergétique 2050, comme l'affirment les opposants de cet objet soumis à votation le 21 mai prochain? La réponse est clairement négative. Au contraire. La réforme de la loi sur l'énergie prévoit une fin progressive des subventions à partir de 2023-24. Elle n'autorise par ailleurs en aucune manière la Confédération à décréter quelque restriction que ce soit aux ménages ou aux entreprises.

S'il est vrai que la Stratégie énergétique contient des objectifs de diminution de la consommation d'énergie, ces buts ne sont que de simples valeurs indicatives. Elles n'entraîneront aucune mesure automatique si elles ne sont pas atteintes. La loi donne une direction et quelques outils. C'est un premier pas que nous devrons de toute manière faire, tôt ou tard.

Parmi ces outils, j'en mettrai deux en avant:

  • Tout d'abord, le paquet prévoit des incitations fiscales en faveur des propriétaires. Ceux-ci pourront amortir fiscalement leurs investissements énergétiques sur deux ans (alors que tout doit être déduit sur un seul exercice actuellement), tout comme ils pourront également déduire les frais de démolition dans le cadre de travaux d'assainissement énergétiques de leurs bâtiments (ce qui n'est pas possible aujourd'hui). Lorsque l'on sait que les bâtiments consomment à eux seuls près de la moitié de l'énergie en Suisse, on imagine le potentiel d'économie dans ce secteur. Potentiel d'économie qui sera renforcé grâce à une augmentation de la somme totale destinée au Programme bâtiment. Refuser le paquet reviendrait à repousser des mesures rationnelles, efficaces, économiquement favorables, qui ne peuvent de surcroît qu'améliorer la sécurité de l'approvisionnement du pays. 
  • Le second argument, évoqué en introduction, ne peut que réjouir l'économie: la loi sur l'énergie prévoit que les subventions destinées aux nouvelles énergies soient abandonnées peu à peu. En 2030 pour les dernières. Il s'agit sans doute là d'une première historique! C'est ensuite le marché qui décidera ce qui est rentable. Dire non revient à admettre sans limite de temps le système actuel!

 Préparer l'avenir

La hausse de 0,8 centimes par kWh de la surtaxe pour la rétribution à prix coûtant, dans un premier temps, ne me satisfait évidemment pas. Mais refuser tout le paquet pour ce seul surcoût est clairement disproportionné. Il faut se rendre à l'évidence: nos centrales nucléaires vont fermer peu à peu. Mühleberg le fera dès 2019. Aucun parti politique ni aucune société électrique ne remet en cause la sortie du nucléaire par étapes. Nous devons donc préparer l'avenir dès aujourd'hui.

Diversifier nos sources d'approvisionnement, apporter une aide temporaire aux barrages, comme le prévoit la nouvelle loi, et économiser l'énergie sont des mesures qui tombent sous le sens. La Stratégie énergétique constitue un premier pas. Elle ne résout pas tout, loin de là, mais elle vaut bien davantage qu'un refus pur et simple, qui n'apporte, lui, absolument rien. Je mettrai un oui pragmatique dans l'urne le 21 mai.

18/11/2015

Intégrer par la formation, quelle meilleure méthode?

La formation des jeunes doit être une priorité. En matière d'insertion professionnelle, nous avons tous la responsabilité, école et entreprises confondues, de nous fixer un objectif aussi élevé que possible: ne laisser personne en marge à la sortie de l'école obligatoire. A l'heure où la France est sous le choc de terribles attaques terroristes, on voit que l'intégration constitue plus que jamais l'un des axes à privilégier pour éviter les dérives. Cela ne résout bien sûr pas tout, loin de là, mais c'est fondamental.

Il n'est pas évident de faire un choix professionnel vers 15 ou 16 ans. Continuer les études? Choisir une profession parmi les 180 proposées par les entreprises et le secteur public vaudois? Un certain nombre de jeunes, un sur quatre environ dans le canton, optent d'ailleurs pour une année de transition (organisée par l'Organisme pour le perfectionnement scolaire, la transition et l'insertion professionnelle - OPTI ).

Quelques centaines de jeunes restent malheureusement chaque année sans solution immédiate. Au niveau national, on estime que sur les 80'000 jeunes qui terminent leur scolarité, 10% ont des difficultés à trouver une place d'apprentissage. Et ce alors que toutes les places proposées ne sont pas pourvues depuis maintenant plusieurs années. Le profil des jeunes recherchés par les employeurs ne correspond pas aux candidats apprentis qui envoient leur dossier et/ou les candidats ne postulent pas en nombre suffisant pour certaines places (vente, construction, restauration…). L'économie s'engage en permanence pour suggérer des solutions et appuyer celles qui sont proposées.

Parmi les structures existantes, on peut mettre en avant LIFT, le programme de préparation des jeunes à la transition. Association neutre qui rassemble des entreprises privées, LIFT permet aux jeunes qui sont les moins à l'aise à l'école de se familiariser avec le monde professionnel, de se préparer à un métier et de pouvoir le choisir en connaissance de cause, dans le courant de leur dernière année obligatoire. Cela réduit ensuite aussi les abandons en cours d'apprentissage… Il y a ensuite des structures qui permettent de venir en aide aux apprentis en difficultés, comme le Groupement pour l'apprentissage (GPA). La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) s'implique dans les deux projets.

Le désœuvrement des jeunes est l'un des pires fléaux de nos sociétés. En France, près d'un quart des moins de 25 ans sont sans emplois. Ce taux grimpe à 50% en Grèce ou en Espagne. Quels que soient les filets sociaux en place, l'absence de perspectives ne peut que déboucher sur des problèmes, dont la radicalisation de certains jeunes. Rien ne remplace un emploi ainsi que l’autonomie, personnelle et financière. La Suisse a la chance d'avoir une très bonne expérience dans le domaine de la formation, mais les statistiques montrent que nous pouvons encore nous améliorer. Par exemple en revalorisant encore plus l’apprentissage.

23/09/2015

Energie: les entreprises s’inquiètent pour leur compétitivité

Plus de 100 entreprises de toute la Suisse ont publié la semaine dernière une lettre ouverte faisant part de leur inquiétude pour la compétitivité de notre pays face à la stratégie énergétique 2050. D’ABB à Siemens en passant par Bobst, Pfister ou Lonza, elles demandent au Conseil des Etats, qui discute cette semaine du dossier, de tenir compte de la situation actuelle. En particulier du franc fort. Leur principale requête: que l’on renonce à augmenter les taxes et subventions et qu’on limite dans le temps celles qui existent.

Contrairement à ce que l’on a pu entendre ou lire, cet appel ne remet pas en cause la volonté de sortir du nucléaire. Ce type de production d’électricité n’a plus l’indispensable soutien politique et populaire qui permettrait de lui envisager un avenir à moyen terme. A cela s’ajoute que l’atome n’est de toute manière plus rentable dans le contexte énergétique d’aujourd’hui. Les entreprises ont tourné la page, comme les sociétés électriques…

Reste à sortir intelligemment du nucléaire! Nous devons tenir compte des expériences menées ailleurs, par exemple en Allemagne où les émissions de CO2 ont explosé… alors que le renouvelable se développe rapidement grâce au «tout subvention». Et nous devons aussi prendre en compte la situation économique.

Les entrepreneurs – issus de tous les secteurs d’activités - qui ont signé la lettre ouverte publiée la semaine passée appuient leur requête sur leur expérience quotidienne. Entre 2008 et aujourd’hui, le franc s’est raffermi de plus de 35% par rapport à l’euro, dont un renchérissement de de 10 à 15% en janvier dernier suite à la suppression du cours plancher de notre devise face à la monnaie européenne. La concurrence internationale s’accroît.

Des emplois en jeu

Ajouter aujourd’hui des taxes supplémentaires (augmentation de la RPC) n’est pas soutenable. Le durcissement de la conjoncture entraîne déjà de nombreuses suppressions d’emplois. Toutes ne sont pas forcément médiatisées car elles interviennent chez les sous-traitants, essentiellement des PME moins connues du public. L’adaptation de l’économie suisse au franc fort n’étant de loin pas achevée, dire aux entreprises que les conditions-cadres vont également se dégrader sur le front des charges en énergie irait à l’encontre du bon sens.

Les nouvelles énergies renouvelables n’ont plus besoin de subventions massives. Les coûts de production du photovoltaïque et de l’éolien vont continuer à baisser, comme ils le font de manière constante depuis des années. Le Centre de l’énergie de l’EPFL le soulignait pas plus tard que la semaine dernière en dévoilant un modèle énergétique qui montre que, quelle que soit l’option retenue (fossile, renouvelable ou nucléaire), la transition énergétique coûtera pratiquement le même montant.

La Stratégie énergétique doit veiller à ce que le renouvelable soit rapidement viable sans aide de l’Etat. Prévoir une hausse de la RPC et une politique de subventionnement déployant des effets jusqu’en 2045 (comme envisagé dans le second paquet de la Stratégie énergétique) ne ferait que perpétuer les erreurs commises jusqu’ici. Le Conseil des Etats, puis à nouveau le Conseil National, peuvent d'ores et déjà rectifier le tir en limitant les aides dans durée. La Suisse doit innover et montrer l’exemple en matière de transition énergétique!