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18/05/2016

Votations du 5 juin: un fonds routier est préférable à l'initiative "Vache à lait"

Les investissements routiers demeurent insuffisants dans notre pays. Il n'est pas normal que l'autoroute Genève-Lausanne n'ait pratiquement pas changé en cinquante ans – hormis quelques kilomètres à trois pistes - alors que le trafic a été multiplié par six durant ce demi-siècle. Le grand contournement de Morges est une nécessité. L'initiative "Vache à lait", soumise à votation le 5 juin, n'est toutefois pas la bonne solution. Le fonds routier Forta est bien plus adapté et efficace.

Que propose concrètement "Vache à lait"? L'initiative prévoit de verser la totalité du revenu tiré de l'impôt sur les carburants à la caisse routière. Actuellement, la moitié de cette somme va dans les caisses de la Confédération… caisses pour lesquelles les initiants n'apportent aucune compensation. La somme en jeu? 1,5 milliard de franc. Un montant qu'il s'agirait donc d'économiser. On parle déjà de tailler dans la formation et l'agriculture… Créer des problèmes en en résolvant (partiellement) un autre n'est pas une solution.

De plus, l'initiative "Vache à lait" n'accélérerait en rien la mise en chantier des infrastructures les plus urgentes, comme l'évitement de Morges. Car ces projets n'ont pas encore été adoptés par les Chambres fédérales et ne disposent donc pas des bases légales permettant de les réaliser. Le processus de planification prendrait, une fois encore, des années de retard…

En face, le projet de fonds routier Forta est équilibré. Il énumère et inscrit dans la loi tous les futurs chantiers importants. Il permettra de mettre enfin en place un programme d'investissements routiers, qui fait malheureusement défaut depuis plus de 20 ans. Il est vrai que le parlement doit encore le ficeler… et que "Vache à lait" a compliqué la situation… au point de le mettre en danger puisqu'une commission du parlement propose de ne pas entrer en matière sur un compromis pourtant largement soutenu.

L'initiative a joué son rôle en permettant de créer un mécanisme de financement beaucoup plus équilibré que ce qu'envisageait le Conseil fédéral à l'origine. Il est temps de la classer et de passer aux réalisations. Jouer la route contre la formation ou l'agriculture n'est pas raisonnable. Non à cette initiative le 5 juin!

02/03/2016

Les Suisses regardent au-delà du Gothard

Avec son oui clair et net au 2e tunnel routier du Gothard, le week-end dernier, le peuple suisse a donné un signal fort à nos autorités. Il a fait savoir que les infrastructures sont au centre de ses préoccupations. Parlement, partis et Confédération ne doivent donc pas s'endormir, il s'agit maintenant d'aller de l'avant avec les gros dossiers qui nécessitent des améliorations rapides, à savoir le développement des réseaux routier, électrique et de télécommunication.

Pour le rail, la question a été réglée à satisfaction avec l'acceptation du Fonds d'infrastructures ferroviaires (FAIF), en 2014. Les travaux démarrent peu à peu et s'intensifieront ces prochaines années.

La route doit maintenant passer au premier rang dans les priorités. Et là, l'Arc lémanique a de gros besoins de rattrapage. L'évolution démographique a été fulgurante au cours des 15 dernières années (habitants en hausse de 25% entre 2000 et 2015 dans le canton) sans que les infrastructures ne suivent. Le contournement autoroutier de Morges, l'élargissement à trois voix des autoroutes entre Genève et Lausanne, entre Cossonay et Lausanne, la recherche d'une solution d'amélioration pour l'axe Lausanne-Villeneuve: ces préoccupations quotidiennes de dizaines de milliers de Vaudoises et Vaudois coincés chaque jour dans les bouchons doivent être appréhendées à bras le corps.

Réseau électrique vieillissant

Pour l'électricité, il s'agit de créer les conditions les plus favorables à l'adaptation rapide du réseau, dont la majeure partie (les deux tiers) a été construite dans les années 50 et 60. Le développement des nouvelles énergies renouvelables, avec les défis qu'elles imposent notamment en termes de gestion d'une production en large partie aléatoire, nécessitent des investissements rapides, qui doivent être coordonnés avec nos voisins. D'où une autre nécessité urgente, celle de trouver rapidement un accord sur l'électricité avec l'UE

La qualité des infrastructures est essentielle également dans les télécommunications. L'amélioration constante des réseaux mobiles – et surtout l'utilisation de nouveaux standards techniques – nécessite sans cesse de nouvelles antennes. Il faut en simplifier l'installation et adopter les normes en vigueur chez nos voisins (le swiss finish n'a pas plus de sens dans ce domaine que dans la banque ou la mécanique!). La concurrence doit être encore stimulée.

La Suisse est classée au 6e rang mondial pour la qualité de ses infrastructures. C'est l'un des atouts de notre pays, reconnu autant par les habitants que par les entreprises. Le vote de dimanche – comme celui de février 2014 sur le FAIF – montre que la grande majorité veut maintenir ce niveau d'excellence!