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09/11/2016

Conjoncture vaudoise: les entreprises naviguent entre optimisme et incertitudes

L'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis va générer de l'incertitude pour l'économie. Tous les experts s'accordent sur ce point. Gros exportateur et donc très dépendant de la valeur du franc, le canton de Vaud est particulièrement concerné puisque le pays de l'oncle Sam représente notre 3e débouché international. Quel sera l'impact de ce vote surprise sur les entreprises? La relative embellie de ces derniers mois va-t-elle être freinée?

Ce regain d'optimisme, la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) l'a constaté dans le cadre de son enquête conjoncturelle d'automne, publiée la semaine dernière. Près du tiers de nos membres juge actuellement la marche de leurs affaires "bonne à excellente" alors qu'ils ne sont qu'un cinquième à parler d'une situation mauvaise. Un cinquième de trop, bien sûr, mais au printemps dernier, ils étaient 30% à faire état de perspectives négatives pour les six prochains mois.

Le point d'inflexion a donc clairement eu lieu durant le printemps et l'été. Excellente nouvelle… que nous devons malgré tout relativiser. Bon nombre d'entreprises industrielles restent sur le qui-vive: dans ce secteur, 27% des sondés estiment que la marche des affaires à six mois sera mauvaise alors qu'elles ne sont que 21% à l'envisager "bonne à excellente". Le choix des électeurs américains complique la donne. Car le franc risque à nouveau d'être sous pression, alors que son niveau est crucial pour les exportateurs, qui n'ont de loin pas fini de digérer le choc de l'abandon du cours plancher du franc face à l'euro.

Mieux dans les services

Dans les services, en revanche, la situation est clairement meilleure. Un tiers des répondants font état de perspectives bonnes à excellentes alors que 18% seulement s'attendent à une dégradation de la marche des affaires. Les investissements s'inscrivent ici à la hausse, alors qu'ils tendent à stagner dans l'industrie. Ce qui n'est évidemment pas une bonne nouvelle, car ce n'est que par l'innovation que nous resterons compétitifs.

La retenue des industriels s'explique: il est de plus en plus difficile de faire des prévisions au-delà de six mois. L'élection de Donald Trump n'aide en tout cas pas à y voir plus clair! Les attentes à long terme ressortant de notre enquête conjoncturelle sont actuellement négatives, et même plus sombres qu'elles ne l'étaient en 2009, dernière année de récession!

Ce pessimisme découle en large partie une absence de visibilité – des carnets de commandes qui fluctuent à très court terme - et des marges qui se sont fortement contractées. Les prévisions de croissance du Secrétariat d'Etat à l'économie ou de la Banque nationale suisse (+1,5% de croissance cette année et 1,8% l'an prochain) sont quant à elles positives. Rien n'est donc joué aujourd'hui. Mais rien n'est sûr non plus!

Les entreprises continuent à naviguer dans le brouillard, avec quelques éclaircies, trop rares. Après la campagne hargneuse entretenue depuis des mois par les deux camps aux Etats-Unis, on ne peut qu'espérer que la sérénité revienne peu à peu. Quatrième canton exportateur de Suisse, Vaud a tout à y gagner.

11/11/2015

Franc fort: les entreprises s’adaptent… reste à restaurer la sécurité du droit

L’année 2015 restera gravée comme un exercice difficile pour les entreprises vaudoises. Presque 60% des sociétés industrielles membres de la CVCI – une sur deux dans les services - ont dû adapter leurs prix à la baisse, en raison de la force du franc. Cette mesure a souvent été accompagnée d’une réorientation des achats. Et aussi, malheureusement, de suppressions d’emplois pour un quart des entreprises industrielles et un cinquième dans les services.

La bonne nouvelle, c’est que personne ne semble avoir baissé les bras: 46% des sociétés de services qui ont répondu à l’enquête conjoncturelle d’automne de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI) assurent avoir réagi en prospectant de nouveaux clients et de nouveaux marchés. Cette proportion dépasse un tiers dans l’industrie. Quant aux prévisions en matière d’investissement, elles sont pour la première fois à la hausse depuis cinq ans!

L’enquête fait ressortir que les entreprises vaudoises ont finalement mieux traversé le séisme provoqué par l’abandon du cours plancher du franc face à l’euro que ce qu’elles redoutaient au printemps dernier. Leur excellente faculté d’adaptation n’est sans doute pas étrangère à cette résistance. Mais le bon fonctionnement du partenariat social, qui a notamment permis à de nombreuses sociétés de négocier avec leurs employés des horaires allongés, a également joué un rôle primordial. Il n’y a pas une seule et bonne solution lorsque l’environnement économique vacille; toutes les mesures permettant d’améliorer la rentabilité, et donc d’assurer les meilleures chances de maintien des emplois, sont les bienvenues.

Cette flexibilité restera essentielle ces prochains mois, car près d’une société industrielle sur deux et d’une entreprise de service sur trois estiment que la marche des affaires restera mauvaise à médiocre au-delà du premier trimestre 2016. Une petite minorité seulement (un cinquième dans les services et 13% dans l’industrie) juge la situation positive.

Agir de manière ciblée

Il est possible d’enrayer la baisse des affaires et d’éviter l’engrenage des délocalisations. Pour ce faire, il faudra continuer d’agir par le biais de mesures ciblées. Le recours au partenariat social, avec des mesures temporaires, restera essentiel. Les entreprises ont également tout intérêt à miser sur l’innovation. La Suisse doit sa richesse à son positionnement sur des secteurs de niche – le canton de Vaud n’est pas en reste - et cela sera encore plus vrai demain qu’aujourd’hui. Dans cette optique, les entreprises ne doivent pas hésiter, par exemple, à recourir aux soutiens de la Commission pour la technologie et l’innovation (CTI).

Mais cela ne suffira pas. Les élections sont maintenant passées et le Conseil fédéral ainsi que les Chambres doivent prendre en mains les dossiers essentiels pour l’économie. Je parle évidemment là de la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) et de l’avenir des bilatérales. Il s’agit de restaurer la sécurité du droit, à long terme. C’est là la base de notre succès!

01/10/2014

L’innovation, les start-up, entreprendre, une question d’état d’esprit!

Le canton de Vaud dispose d’un biotope très efficace pour créer des start-up : parc d’innovation, incubateurs, accompagnement… On bichonne les créateurs de jeunes pousses. Les structures sont là. «Oui, mais où sont les Logitech de demain?», s’interrogeait Beth Krasna, administratrice indépendante et ingénieure-chimiste, vendredi dernier lors du Forum économique vaudois à Beaulieu Lausanne. La peur d’entreprendre reste bien réelle!

Est-ce un hasard si 40 à 50% des nouvelles entreprises fondées dans le canton de Vaud le sont par des ressortissants étrangers? La crainte d’échouer l’emporte encore trop souvent sur l’envie de se lancer dans une aventure entrepreneuriale. Qui est responsable? Nous tous! En premier lieu l’école, y compris la formation professionnelle: la possibilité d’entreprendre devrait davantage être mise en avant et cela dès le plus jeune âge. Mais le monde professionnel «établi» doit aussi évoluer, apprendre à valoriser l’échec plutôt que de le stigmatiser.

Dans la Silicon Valley, où la BCV a récemment organisé un camp de jeunes étudiants auquel la Chambre de commerce et de l’industrie (CVCI) a pris part, un entrepreneur qui a plusieurs faillites à son actif part avec une longueur d’avance pour décrocher des fonds auprès d’investisseurs. On y apprécie le volontarisme. «Se planter» une fois, deux fois, trois fois… ne signifie pas que l’on n’est pas capable. Au contraire, cela démontre qu’on essaie, qu’on invente, qu’on innove. Et parfois cela marche.

Un exemple, sans aller jusqu’en Californie: il y a bien sûr le cas du fondateur d’Easyjet, Stelios Haji-Ioannou. Ses EasyCinema et EasyCar (il fallait laver soi-même les voitures louer…) n’ont jamais décollé. Abandonné rapidement. Passés par pertes et profits. Et alors? L’entrepreneur n’en reste pas moins le pionnier du low-cost en Europe et Easyjet a déjoué toutes les prévisions les plus pessimistes. Ce sont les compagnies traditionnelles qui s’en inspirent.

On pourrait multiplier les exemples: aux Etats-Unis, Steve Jobs a vécu une sacrée traversée du désert dans les années 1980 après s’être fait virer de chez Apple, qu’il avait fondé. Plus loin dans le passé, Walt Disney a fait plusieurs fois faillites avec de petites sociétés avant de créer l’empire que l’on connaît.La Suisse a les moyens de jouer dans la cour des plus grands comme le prouve notre excellence dans de nombreux domaines «traditionnels»: micro-technique, pharma, chimie, horlogerie, finance, alimentation, techniques médicales… Avec de grands frères «traditionnels» aussi prestigieux, nous pouvons sans aucun doute émerger au-dessus du lot dans les start-up. C’est une question de culture, d’état d’esprit. Le monde des entreprises, l’école, les institutions politiques: tout le monde devrait prendre cette question en main. Cela peut changer. Rapidement!