13/08/2014

L'automne s'annonce "électrique"

Si l'on n'y prend garde, l'énergie risque de devenir la nouvelle vache à lait fiscale en Suisse. Initiative des Verts Libéraux pour remplacer la TVA par une taxe sur l'énergie, pétition de Swissolar et du WWF pour introduire 10 centimes de taxe sur le kWh issu de sources non renouvelables, proposition PLR de taxer l'électricité "sale" importée, augmentation de la rétribution à prix coûtant (RPC), nouvelle fiscalité écologique en préparation, les projets pullulent, s'entrecroisent, se superposent.

On oublie un peu vite que chaque centime de hausse de l'électricité réduit la compétitivité de notre industrie. A coups d'un centime par là, cinq par ici et dix autres là-bas, les usines pourraient fermer les unes après les autres dans notre pays. Aux Etats-Unis, le kWh coûte environ un tiers du prix payé en Suisse. Nos salaires sont déjà plus élevés. Le franc est cher. 

Avant de partir tête baissée dans le "tout fiscal" écologique, le parlement et le Conseil fédéral devraient avoir le bon sens de remettre le dossier à plat. La stratégie énergétique 2050, élaborée en 2011 suite à l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima, est en effet déjà totalement dépassée. On a vu depuis lors que la politique allemande de subventionnement massif du renouvelable a eu pour conséquence de faire grimper les émissions de CO2 (car la production d'électricité avec du charbon est la seule compétitive face aux kWh subventionnés) et… de rendre non rentables les centrales hydrauliques suisses.

Les projets d'investissements dans les installations de pompage-turbinage (par exemple au Grimsel), sur lesquelles comptait beaucoup la Confédération, sont gelés. Non rentables. Mais ce n'est pas tout. Pratiquement l'ensemble du parc des centrales hydrauliques est ébranlé, puisque les coûts moyens de production du kWh sont plus élevés que le prix moyen de l'électricité sur le marché.

Explication: l'immense production d'énergies renouvelables en Allemagne aux heures de grande consommation (par exemple au pic de midi) s'ajoute à celle de nos barrages, conçus à l'échelle européenne. L'offre de courant est excédentaire. Les prix sont même parfois négatifs! Et l'hiver, lorsqu'il y a moins de soleil, notre voisin enclenche ses centrales à charbon… On le voit: plutôt que de compter sur une augmentation de la production de l'électricité hydraulique, il s'agit désormais avant tout de garantir la rentabilité des installations existantes.

Ce déséquilibre nous démontre une chose: la Suisse ne peut pas bricoler toute seule dans son coin une stratégie énergétique et une fiscalité écologique dont même des pays aussi grands que l'Allemagne n'arrivent pas à en maîtriser les effets collatéraux. Abandonner la TVA pour la remplacer par une taxe sur l'énergie impliquerait de taxer le kWh à hauteur de 33 centimes et l'essence à hauteur de 3 francs (Message du Conseil fédéral relatif à l’initiative populaire «Remplacer la taxe sur la valeur ajoutée par une taxe sur l’énergie», p. 24).

Avec quel impact sur nos entreprises, l'emploi et le porte-monnaie de nos citoyens?

Oui, il faut produire davantage d'énergie renouvelable. Mais sans mettre en péril notre économie ni – quelle ironie – nos centrales hydrauliques, pourtant quasiment exemptes d'émissions de CO2!

02/04/2014

La route Aclens-Cossonay est enfin en vue!

On en parle depuis si longtemps qu'elle était devenue une véritable arlésienne. Vingt ans! Cette fois, pourtant, le projet de route entre la zone industrielle d'Aclens-Vufflens-la-Ville et la sortie d'autoroute de Cossonay est enfin concret. Le Grand Conseil en débattra à l'automne et le tronçon pourrait être inauguré en 2019. Il s'agit là d'un investissement essentiel pour toute la région et même pour tout le canton. Car la zone reliée est un pôle logistique romand.

Alors comment comprendre que les milieux écologistes annoncent déjà vouloir le combattre par un référendum? Cette route passera effectivement par-dessus la Venoge, que les Vaudois ont décidé de protéger en 1990. Mais le projet – qui est un projet rail-route avant tout - tient justement compte de cette obligation et prévoit de revitaliser la rivière!

Les habitants de la région souhaitent cette route (appelée RC 177). Les entreprises installées sur place depuis les années 1960 également. Certaines en ont même besoin pour se développer sur place, comme Coop, qui prévoit d'investir 100 millions. Le site pourra aussi accueillir de nouvelles sociétés, obligées de toute manière de déménager de la périphérie de Lausanne en raison de la construction du tram entre Renens et Le Flon. Leur départ permettra de construire des logements justement là où il en manque aujourd'hui. 

Ce projet a l'avantage d'allier économie, aménagement du territoire et écologie. Près de 1500 emplois pourraient être créés dans la zone d'Aclens-Vufflens-la-Ville. Des emplois dans la logistique, dont la région a aussi besoin. Les communes riveraines seront beaucoup moins importunées par le transit des camions tandis que ceux-ci émettront beaucoup moins de CO2 puisqu'une bonne part d'entre eux évitera le détour par la jonction de Crissier. Quant à la Venoge, elle en ressortira plus belle qu'avant. 

Décidément, le refus obstiné des écologistes est incompréhensible!