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10/01/2018

Démêler l'info du vrai, un sacré défi

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C'est une bonne nouvelle, et elle est vérifiée: le monde n'en peut plus des «fake news», ces fausses informations relayées par les réseaux sociaux qui mettent à mal la vérité et manipulent l'opinion publique. La résistance s'organise dans différents secteurs. Cet automne, la Commission européenne a publié de nouvelles lignes directrices pour les entreprises technologiques afin de renforcer la suppression des discours haineux sur Internet.

 L'Allemagne est allée plus loin en promulguant, le 1er janvier 2018, sa loi NetzDG – appelée aussi «Loi Facebook» -, par laquelle elle menace de très lourdes sanctions pécuniaires les plateformes Web qui diffusent des contenus jugés haineux ou qui visent à désinformer. De son côté, le président français, Emmanuel Macron, a fait part, en ce début d'année, de sa volonté de légiférer dans le domaine. Les géants d'Internet, Facebook et Google en tête, ont procédé à leur examen de conscience et se sont joints à de grands éditeurs anglo-saxons dans le «Trust Project», programme destiné à combattre la désinformation sur la Toile.

 En Suisse, on reste naturellement plus circonspect. L'été dernier, le Conseil fédéral a indiqué dans un rapport que, «faute de recul, il n'est pas possible à l'heure actuelle d'affirmer dans quelle mesure une réglementation étatique est nécessaire» en la matière. Aux yeux des sept Sages, le droit en vigueur permet déjà de lutter contre certains problèmes. Pour le reste, le gouvernement mise sur une autorégulation de la branche.

Les entreprises exposées

Salutaire, cette prise de conscience collective n'est pas encore de nature à rassurer les entreprises. Car celles-ci sont aussi exposées que le monde politique à ces «fake news», susceptibles de fragiliser certaines marques et de mettre à mal des réputations. Si la Suisse semble encore épargnée par le phénomène, nombre de sociétés américaines ont été victimes de fausses infos relayées sur le Net ces derniers mois, comme l'a récemment relevé la presse internationale. Ainsi, Microsoft a dû faire face à une «news» expliquant qu'un adolescent avait eu la gorge tranchée par un DVD ayant jailli inopinément de sa console Xbox… Reprise par des dizaines de milliers d'internautes, cette «nouvelle» a dû être rapidement démentie par le géant de l'informatique. Pour faire face à ces situations, certaines sociétés d'outre-Atlantique ont depuis lors décidé de collaborer avec des firmes spécialisées dans l'e-réputation. Mais cela a un coût que toutes les sociétés ne peuvent pas s'offrir.

Pour nos entreprises, la protection des données figurera au premier rang des préoccupations cette année, et celles à venir. Elles seront confrontées, dès le mois de mai, à l'entrée en vigueur du Règlement européen général sur la protection des données (RGPD), qui donnera «aux citoyens plus de contrôle sur leurs propres informations privées dans un monde numérique de téléphones intelligents, de médias sociaux, de services bancaires sur Internet et de transferts mondiaux».

Toutes les mesures prises dans le tentaculaire domaine du Big Data contribuent à un retour de balancier bienvenu, après d'innombrables excès et dérives. Mais le labeur reste immense et la vigilance toujours de mise.

Photo: Fotolia

12/10/2017

Le travail ne va pas disparaître !

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C’est la nouvelle théorie à la mode, le nouvel épouvantail : le travail disparaît. L’automatisation de la société s’accélère, l’intelligence artificielle s’immisce dans les recoins les plus inattendus de notre vie quotidienne, des métiers disparaissent aussi vite que les espèces sur la planète. Bref, comme le dit la chanson, c’est la fin du monde tel que nous le connaissons.

Quelques prophètes de la technologie triomphante nous prédisent un avenir digne des meilleurs films de science-fiction, où les machines devenues toutes-puissantes seraient bien plus capables que nous de discernement, et que leur association avec les esprits les plus malfaisants promettrait au monde un chaos destructeur. C’est faire fi de l’histoire, de la faculté d’adaptation de l’être humain, de sa créativité, et d’un élément qu’il faut sans cesse rappeler : les machines, les algorithmes, les logiciels, aussi perfectionnés soient-ils, ne produisent que ce pour quoi ils ont été conçus. L’avenir est sans doute différent du présent, c’est une tautologie, mais il suffit de se pencher sur les prédictions faites dans un passé récent pour constater leur inexactitude.

Du réalisme et de la souplesse

D’autres prophètes serinent un refrain bien connu: si le travail disparaît peu à peu, il faut mieux le partager. Comme si « le travail » était un élément fini, un gâteau standard que l’on répartit en tranches d’égale valeur. Les exemples peu convaincants abondent (la France et ses 35 heures, au hasard), mais cela n’arrête pas les inconditionnels du collectivisme. Ainsi des Jeunes socialistes suisses, qui proposent une semaine de travail à 25 heures, sans diminution de revenu, bien entendu. Le tour de passe-passe serait réalisé par la seule grâce de l’augmentation de la productivité – et financé par les riches patrons, bien entendu.

Les jeunesses partisanes font souvent œuvre de provocation pour avancer des idées nouvelles. En l’occurrence, les Jeunes socialistes recyclent et exagèrent une idée qui sent déjà l’obsolescence. Si nous devons retenir une leçon globale de l’évolution technologique de notre société, c’est qu’elle exige de nous davantage de souplesse et d’inventivité que de rigidité.

Des métiers disparaissent, d’autres se créent. Les tâches rébarbatives, répétitives, qui ne demandent aucune créativité, sont de plus en plus prises en charge par des robots ou des logiciels. Mais les exigences en matière de services individualisés et de gestion de la complexité ouvrent de nouvelles perspectives. L’urgence n’est donc pas de brider le travail, mais de mieux accompagner ses mutations, en adaptant notre cadre législatif et régulatoire à ces réalités. Et en insistant sur la formation, à tous les niveaux, pour éviter que cette révolution n'engendre des cohortes de victimes.

17/05/2017

La cybersécurité, revers de la médaille de la digitalisation

150 pays touchés, au moins 200'000 victimes, des entreprises à l'arrêt, la cyberattaque de vendredi dernier a causé des dégâts se chiffrant en centaines de millions, peut-être en milliards de francs. Le phénomène du piratage informatique n'est pas nouveau, mais un événement de cette ampleur démontre que la digitalisation de l'économie doit absolument figurer au rang des priorités de toutes les entreprises. Les questions de sécurité informatique s'affichent tout en haut de la liste.

L'enquête sur la transition numérique des entreprises vaudoises menée l'automne dernier par la CVCI, avec l'institut MIS Trend, montre qu'un nombre encore important de sociétés n'ont pas pris pleinement conscience des enjeux. Une majorité des entreprises interrogées déclarait en effet être mal informée sur le tournant numérique. 40% affirmaient ne pas consacrer de temps, ou peu de temps, à se documenter sur la digitalisation en général.

Le nombre d'objets connectés et de données à stocker et traiter connaît, et va pourtant continuer à connaître une évolution exponentielle. Car tout ce qui peut être connecté le sera un jour et tout ce qui peut être mis en réseau le sera également. Que l'on apprécie ou non cette nouvelle réalité prédite par les spécialistes du numérique, il n'y a qu'une option possible: nous adapter.

La Suisse a heureusement été largement épargnée lors de l'attaque par logiciel d'extorsion  de vendredi dernier. Mais rien ne nous protège contre des menaces futures, car le monde digital ne connaît pas de frontières.

Que faire? Il incombe en premier lieu à chaque entreprise de procéder aux mises à jour des logiciels. André Kudelski le disait lundi matin sur la RTS: des attaques beaucoup plus dangereuses sont possibles, contre les infrastructures énergétiques par exemple. Avec des conséquences majeures sur la production, la santé ou les communications. Nous devons en prendre conscience et préparer des stratégies.