28/08/2013

Places d'accueil dans les crèches: nouvel acte manqué du Conseil d'Etat!

Il faut accélérer la création de places dans les crèches du canton! Tout le monde est d'accord sur ce point. Et l'une des solutions pour y parvenir consiste à encourager les entreprises à le faire. L'Etat avait l'occasion de donner cette impulsion cette année, en révisant la loi sur l'accueil de jour des enfants (LAJE): il n'a malheureusement pas changé de cap sur ce point. Le Grand Conseil a adopté cet objet hier, mais il reste insuffisamment incitatif et une nouvelle révision s'impose rapidement.

A première vue et d'un point de vue purement statistique, le bilan de la promotion de la création de places d'accueil est plutôt bon: il y a aujourd'hui 6100 places d'accueil (pour les enfants de 0 à 12 ans) en plus qu'en 2006, date de l'entrée en vigueur de la promotion active de l'accueil via la LAJE. "Le dispositif financier s'est avéré efficace", a commenté le Conseil d'Etat à la commission du Grand Conseil chargée d'examiner la révision de la loi.

Le problème, c'est qu' "il n'est pas incitatif pour les entreprises", a aussi reconnu le gouvernement. L'analyse est correcte et le point faible a donc été identifié. L'encouragement proposé demeure pourtant extrêmement timide. Le gouvernement se limite à vouloir donner à la Fondation pour l'accueil de jour des enfants (FAJE), qui chapeaute la gestion de l'accueil de jour des enfants, la possibilité d'accorder "à titre exceptionnel" et moyennant conditions (art. 50 révisé) des subventions aux crèches d'entreprises.

C'est insuffisant! Les entreprises qui ont investi et continuent à investir dans des crèches demeurent en effet pénalisées. Il faut savoir que la FAJE tire une partie du financement de la politique actuelle d'un prélèvement de 0,08% sur la masse salariale des sociétés. Que ces dernières aient leur propre crèche ou financent des places (destinées aux enfants de leur personnel) dans des crèches extérieures n'y change rien: 0,08% de leur masse salariale alimente bon an mal an la FAJE. Les entreprises paient donc deux fois.

Il est vrai que celles qui avaient monté leur propre garderie avant 2006 ont touché une rétrocession de leurs versements jusqu'à la fin 2011, comme le prévoyait la loi. Mais c'est terminé; elles paient désormais plein pot. Inutile de dire que cette manière de faire a pour conséquence de rendre les autres employeurs peu enclins à se lancer dans une aventure qui de surcroît nécessite un important investissement en temps et en argent.

Cela va à l'encontre du bon sens. Si on l'appliquait au domaine des énergies renouvelables, cette méthode reviendrait à faire payer aux propriétaires de panneaux solaires l'électricité qu'ils produisent.

Le Grand Conseil ne pouvait malheureusement pas corriger la LAJE telle qu'elle lui était proposée, car l'article qu'il fallait modifier (pour prévoir des rétrocessions) n'était pas ouvert à la discussion. Il faudra donc remettre l'ouvrage sur le métier au plus vite! 

25/07/2012

Garderies: et si l'Etat incitait au lieu de décourager!

L'on voudrait décourager les entreprises de créer des crèches que l'on ne s'y prendrait pas autrement! Savez-vous que depuis cette année, les entreprises vaudoises qui avaient investi dans ce domaine avant l'entrée en vigueur en 2006 de la loi sur l'accueil de jour des enfants (LAJE) paient à double? D'un côté, elles paient pour leurs propres structures d'accueil (ou les places qu'elles financent chez des tiers). De l'autre, l'Etat leur prélève désormais une cotisation de 0,08% sur la masse salariale, comme pour toutes les autres entreprises, alors que durant les cinq dernières années, ces ponctions leur étaient (très justement) rétrocédées. Curieuse manière de récompenser ceux qui avaient pris le taureau par les cornes…

Le tout nouvel Office de l'accueil de jour des enfants (OAJE), dont le Conseil d'Etat a récemment annoncé la création pour la rentrée, serait bien inspiré de réexaminer la question au plus vite. Le manque de structures d'accueil (collectives ou familiales) reste en effet endémique, malgré la création de près de 5000 places depuis l'entrée en vigueur de la LAJE.

Bon nombre d'entreprises seraient prêtes à se lancer à l'eau. Mais elles sont rapidement découragées par ce qu'il convient d'appeler un véritable parcours du combattant. L'on ne s'attardera pas ici sur la stricte réglementation régissant l'encadrement professionnel, ni sur celle, encore plus détaillée, portant sur l'aménagement des locaux des garderies: la barre a été placée très haut. Beaucoup trop haut pour l'énorme majorité des entreprises.

Côté financement, les aides au démarrage prévues par la loi ne sont accordées qu'au compte-goutte. A ce jour, seule une poignée d'entreprises en bénéficient. C'est insuffisant, il faut revoir le système et s'orienter vers une aide à l'unité: une place créée = une aide au démarrage.

Ces propositions n'ont rien de révolutionnaire, elles relèvent du bon sens. Il y a un peu plus de 15'000 places d'accueil pour les enfants dans le canton, un chiffre à mettre en relation avec environ 340'000 emplois (et 85% de personnes actives occupées – 78% pour les  femmes - pour la classe d'âge 25-54 ans). Pas besoin d'être statisticien pour comprendre que l'offre ne répond pas à la demande.

Les entreprises sont prêtes à mettre la main à la pâte. Elles ne demandent même que cela, car c'est aussi dans leur intérêt de permettre aux employés qu'elles ont formés de pouvoir concilier vie professionnelle et privée. Elles ont toutefois besoin de coups de pouce et non de cotisations punitives pour celles qui donnent l'exemple!

07/09/2011

Impliquer l'économie dans l'école vaudoise? Enfin!

Au diable les divisions, le oui des Vaudois à la réforme de l'école obligatoire doit être concrétisé au plus vite. Débats et querelles d'experts n'ont que trop duré: on ne va qu'une fois à l'école et chaque écolier mérite le meilleur enseignement possible. Une année de "perdue" l'est pour la vie.

Dans son éditorial au lendemain de la votation, le rédacteur en chef de "24 Heures" invitait les milieux économiques à s'impliquer. Ce n'est pas une nouveauté. La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) est déjà très active dans la formation professionnelle. Sur l'enseignement obligatoire, elle avait appelé à combattre le statu quo (en acceptant tant LEO qu'Ecole 2010). Elle est aujourd'hui prête à apporter son appui et sa contribution aux adaptations à venir.

Il est grand temps de faire tomber la muraille de Chine qui sépare la citadelle des pédagogues de l'économie. Le dialogue a trop longtemps été inexistant. Qu'on soit clair, l'économie n'entend pas s'occuper de pédagogie, ce n'est pas sa vocation. Mais l'école, le monde enseignant dans son ensemble (dès le niveau primaire, pas seulement le secondaire), a tout à gagner à multiplier les échanges avec le reste de la société.

L'objectif de base reste bien entendu de renforcer les compétences des jeunes dans les branches fondamentales, surtout en français et en maths. Parce que les entreprises ont besoin d'apprentis capables de suivre une formation professionnelle de plus en plus exigeante. Mais aussi parce que les jeunes seront les premiers à profiter d'une réforme rapide et réussie de l'école vaudoise. Ils auront davantage de choix. L'enjeu est loin d'être uniquement économique!