02/04/2014

La route Aclens-Cossonay est enfin en vue!

On en parle depuis si longtemps qu'elle était devenue une véritable arlésienne. Vingt ans! Cette fois, pourtant, le projet de route entre la zone industrielle d'Aclens-Vufflens-la-Ville et la sortie d'autoroute de Cossonay est enfin concret. Le Grand Conseil en débattra à l'automne et le tronçon pourrait être inauguré en 2019. Il s'agit là d'un investissement essentiel pour toute la région et même pour tout le canton. Car la zone reliée est un pôle logistique romand.

Alors comment comprendre que les milieux écologistes annoncent déjà vouloir le combattre par un référendum? Cette route passera effectivement par-dessus la Venoge, que les Vaudois ont décidé de protéger en 1990. Mais le projet – qui est un projet rail-route avant tout - tient justement compte de cette obligation et prévoit de revitaliser la rivière!

Les habitants de la région souhaitent cette route (appelée RC 177). Les entreprises installées sur place depuis les années 1960 également. Certaines en ont même besoin pour se développer sur place, comme Coop, qui prévoit d'investir 100 millions. Le site pourra aussi accueillir de nouvelles sociétés, obligées de toute manière de déménager de la périphérie de Lausanne en raison de la construction du tram entre Renens et Le Flon. Leur départ permettra de construire des logements justement là où il en manque aujourd'hui. 

Ce projet a l'avantage d'allier économie, aménagement du territoire et écologie. Près de 1500 emplois pourraient être créés dans la zone d'Aclens-Vufflens-la-Ville. Des emplois dans la logistique, dont la région a aussi besoin. Les communes riveraines seront beaucoup moins importunées par le transit des camions tandis que ceux-ci émettront beaucoup moins de CO2 puisqu'une bonne part d'entre eux évitera le détour par la jonction de Crissier. Quant à la Venoge, elle en ressortira plus belle qu'avant. 

Décidément, le refus obstiné des écologistes est incompréhensible!

05/02/2014

Initiative UDC: le divorce appauvrit les ex-conjoints

L'initiative UDC "contre l'immigration de masse" implique la dénonciation de l'accord sur la libre-circulation des personnes entre la Suisse et l'Union européenne (UE). Ce traité est en effet incompatible avec le rétablissement des contingents de travailleurs étrangers qu'exigent les initiants. Ces derniers ont beau s'en défendre en affirmant que Bruxelles avalera la couleuvre, il s'agit bel et bien d'une demande de divorce avec nos partenaires. Et alors? Connaissez-vous beaucoup de séparations qui aient accru la richesse d'un des deux conjoints?

Les divorces sont coûteux. Ils appauvrissent chacun des partenaires. C'est une constante. L'Europe achète 60% des produits que nos entreprises exportent. Faire croire qu'elle acceptera sans aucune contrepartie d'adapter le contrat de mariage qui nous lie depuis bientôt quinze ans est un boniment. La libre circulation des personnes fait partie du fondement même de ses valeurs. L'adaptation unilatérale de nos relations (déjà taillées sur mesure pour notre pays) aurait un coût. Un coût qui reste certes à estimer, mais que nous devrons quoi qu'il en soit tous payer.

Pour les entreprises, un oui à l'initiative ouvrirait une période d'incertitude. Certains jeunes entrepreneurs pourraient avoir tout intérêt à installer leur société à l'étranger, où ils seront sûrs de pouvoir embaucher les spécialistes dont ils ont besoin, plutôt que de prendre le risque de devoir se soumettre à la bureaucratie suisse des contingents. Vous en avez tous fait l'expérience un jour ou l'autre, les bureaucraties sont rigides et font perdre du temps. L'initiative ne propose rien d'autres!

Les grandes sociétés, soumises à une concurrence mondiale, risquent de faire la même analyse. Qu'on comprenne bien mes propos: je suis persuadée qu'aucune entreprise ne quittera la Suisse en raison d'une éventuelle acceptation de l'initiative, mais je suis tout autant convaincue que chacune réfléchira à deux fois lorsqu'il s'agira d'y investir. Et cela d'autant plus lorsque ses instances dirigeantes sont basées à l'étranger.

Qu'y gagneraient les Suisses et Suissesses? L'assurance de décrocher un job lorsqu'ils sont en concurrence avec des candidats qui ne possèdent pas le passeport à croix blanche, comme le promet l'UDC? Les contes de fées ont la vertu d'endormir les enfants. La réalité est un brin différente des grandes promesses…

L'incertitude est mauvaise pour l'économie. Une entreprise qui doute embauche moins, et parfois pas du tout. Cela nous promet un chômage en hausse. Et donc inévitablement des dépenses sociales également en hausse. Des dépenses qu'il s'agira d'assurer avec moins de travailleurs actifs. A moins bien sûr de démanteler les acquis. Il y aura moins de travailleurs actifs qui devront aussi payer l'AVS d'une population qui voit son espérance de vie augmenter. Les initiants se gardent bien de mettre en avant ces perspectives. Elles sont pourtant évidentes si un oui sort des urnes dimanche.

Un divorce implique que chacun refasse sa vie de son côté. Les Suissesses et les Suisses ont tout intérêt à réfléchir aujourd'hui s'ils veulent vraiment prendre la voie du repli. Une voie qui n'apporte aucune solution aux problèmes de logement et d'infrastructures tout en ne faisant planer de grands risques sur notre prospérité.  Dimanche, votons NON à cette initiative.

22/01/2014

L'initiative anti-immigration ne changerait rien à la pénurie de logement!

L'initiative anti-immigration de l'UDC n'apporte aucune solution aux problèmes de la pénurie de logement dans l'Arc lémanique, ni aux bouchons et aux trains bondés. Pourquoi? Parce que le retour aux contingents ne freinerait pas du tout l'afflux de travailleurs étrangers, comme le montre l'évolution démographique dans les années 80 et 90. Il ne ferait que réintroduire une énorme bureaucratie. Et parce qu'immigration ou non, davantage de logements et une adaptation des infrastructures de transport sont indispensables!

Commençons par le logement: en 1980, Suissesses et Suisses se contentaient de 34 m² par personne. Vingt ans plus tard, il leur en fallait 44 m² chacun! Et la tendance continue sur cette lancée, car l'augmentation du nombre de ménages de petite taille ne cesse de croître. La part des ménages d'une ou deux personnes est ainsi passée de 64% en 1990 à 67,6% en 2000. Il y avait environ un divorce pour trois mariages dans les années 1970, on en est à un divorce pour deux mariages actuellement. Il faut bien loger chacun des conjoints séparés, avec chacun une ou deux chambres pour la garde partagée des enfants. Le dirigisme étatique, les contingents et le repli sur soi ne peuvent rien là contre.

Fermer les frontières aux collaborateurs étrangers dont nos entreprises, nos hôpitaux ou homes médicalisés ont besoin – j'ai remarqué que même les partisans de l'initiative sont d'accord là-dessus - ne changera rien à la nécessité de construire, de densifier. Pour ce faire, l'initiative n'est d'aucun secours. Notez que ce n'est ni l'argent ni les investisseurs qui manquent. Le problème numéro un vient de la lenteur des procédures; il faut des années avant de pouvoir donner le premier coup de pioche au moindre chantier. Il faut accélérer le mouvement, simplifier le cheminement administratif!

Les routes et les trains? Les initiants ne cessent de se plaindre des bouchons et trains surchargés, mais l'UDC est le seul parti qui s'oppose au projet de fonds ferroviaire (FAIF), qui permettra pourtant d'accroître les capacités ferroviaires d'ici à quelques années. Incompréhensible! Les problèmes sont déjà évidents aujourd'hui. Comment peut-on prétendre que la réintroduction des contingents apportera un quelconque soulagement au RER archi-plein aux heures de pointe entre Lausanne et Vevey ou au bouchon autoroutier matinal de la Blécherette? Sans extension des réseaux, les problèmes demeurent. La réalité, c'est que la venue de travailleurs étrangers nous permet de financer plus facilement ces investissements.

La Suisse comptait 6 millions d'habitants en 1970. Il y avait 200 voitures pour 1000 habitants à cette époque. Il y a aujourd'hui 8 millions d'habitants et  535 voitures par 1000 habitants. Le réseau autoroutier est pourtant pratiquement le même qu'il y a 40 ans! Et cela alors que beaucoup de gens travaillent toujours plus loin de leur domicile, que l'offre de loisir incite à nous déplacer toujours davantage. Que changerait l'initiative anti-immigration par rapport à ces phénomènes? Il faut adapter nos routes et nos trains à la Suisse d'aujourd'hui. Se lamenter en cherchant des bouc-émissaires ne résoudra rien. NON à l'initiative "contre l'immigration de masse"!