06/03/2013

Le vote des Bernois sur l'énergie est un signal fort

L'initiative Minder, la loi sur l'aménagement du territoire et les élections valaisannes ont malheureusement éclipsé un vote majeur le week-end dernier. Les citoyens du canton de Berne étaient appelés à se prononcer sur une initiative et un contre-projet visant à anticiper la transition énergétique que prévoit le Conseil fédéral. Résultat: double non.

Plus de 65% des votants ont repoussé l'initiative des Verts visant à ne plus consommer que de l'énergie verte (100% renouvelable) dans 20 ans et à se passer totalement du pétrole et du gaz d'ici à 2050 pour le chauffage et l'eau chaude. Plus de 51% des Bernois ont également enterré le contre-projet, qui avait les mêmes ambitions que l'initiative, mais sans fixer d'échéances concrètes.

Ce résultat des urnes prouve une fois de plus qu'il ne suffit pas d'énoncer des objectifs affriolants pour convaincre les électeurs. Il faut avoir des visées réalistes et pragmatiques. L'an dernier, Fribourg voulait interdire les chauffages électriques… le peuple a dit non, malgré l'appui unanime des partis et des organisations économiques à cette mesure. Toujours l'an dernier, Neuchâtel voulait imposer une taxe sur l'électricité… Refus populaire.

Le vote des Bernois ne peut en aucun cas être interprété comme le reflet d'un canton dominé par un parti ou une tendance. Comme Vaud, le canton de Berne est régi par un Conseil d'Etat à majorité rose-verte, qui doit également composer avec un Grand Conseil à majorité bourgeoise.

Le résultat de ce scrutin a donc valeur de sondage grandeur nature: il y a eu près de 300'000 votants dans le canton de Berne ce week-end. Il mérite une analyse approfondie. Le Conseil fédéral a le devoir de tirer les leçons qui s'imposent, lui qui a soumis un projet de stratégie énergétique 2050 (la consultation s'est achevée il y a quelques semaines) extrêmement dirigiste et trop axé sur les subventions, donc sur de nouveaux impôts.

La promotion des énergies renouvelables est indispensable dans la perspective d'un abandon progressif du nucléaire. Il faut prendre des mesures pour stimuler ce secteur d'avenir, pourvoyeur d'emplois et d'innovations. Mais la Suisse doit opter pour une voie économiquement viable, sans pénaliser les entreprises ni les consommateurs. L'incitation doit systématiquement l'emporter sur la coercition. Et l'Etat doit faire confiance aux lois du marché, sans vouloir tout planifier. C'est le message que les Bernois ont envoyé dimanche, il est limpide.

15/12/2010

Un « impôt sur les fils à papa », vraiment ?

Récemment, le Conseiller national Luc Recordon exposait, dans « 24heures », le nouveau projet des Verts: un impôt fédéral sur les successions et les donations à un taux de 25% pour cofinancer l’AVS. Résultat : des recettes additionnelles pour la Confédération d’environ 5 milliards de francs. Les conjoints ne seraient pas touchés et les descendants directs exonérés à hauteur de 1 million de francs. La gauche revient avec un projet d’harmonisation fiscale fédérale quelques jours après sa défaite retentissante sur le même sujet, le 28 novembre dernier.

 

Pour justifier ce nouvel impôt fédéral, Monsieur Recordon a sorti son argument massue et déclaré à « 24heures » que l’impôt sur les successions serait un « impôt sur les fils à Papa ». Effectivement, par définition, les héritiers n’ont pas travaillé pour obtenir ce qu’ils héritent. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Imaginons une famille de passionnés de mécanique. Le grand-père, ex-chauffeur poids lourds, a fondé son garage dans les années septante. Son fils a travaillé dur dans l’entreprise familiale et l’a fait fructifier en la dotant toujours des meilleurs équipements disponibles. Le petit-fils, passionné par la mécanique comme ses aînés, vient de réussir avec brio son CFC, lorsque son père décède soudainement. Le petit-fils hérite du garage. Mais malheureusement pour lui, son père venait de racheter de nouveaux équipements. Il ne lui a pas laissé de liquidités, « seulement » un outil de travail à la pointe de la technologie et à la valeur marchande élevée (et sur laquelle se calcule l’impôt sur les successions). Résultat : le jeune mécanicien est incapable de payer l’impôt avec ses maigres réserves d’apprenti. Le garage est mis en liquidation pour satisfaire les exigences de l’Etat et c’en est fini d’une belle histoire. Le jeune mécanicien est-il un fils à papa ?

 

Alors que la plupart des autres cantons suisses l’ont aboli, un tel impôt existe encore dans notre canton. Le contribuable vaudois paie déjà un impôt sur le revenu, un impôt sur la fortune et ensuite, sur les mêmes montants, un impôt moindre que celui proposé par les Verts sur les successions. Tous les contribuables suisses n’ont heureusement pas cette chance ! Au lieu de penser à généraliser un impôt qui mène à la faillite de nombreuses entreprises familiales, nous devrions réfléchir à supprimer une vaudoiserie anachronique.